Fanfare

8 août 2014 § Poster un commentaire

fanfare couvUn merveilleux album pour l’été, par des auteures ébouriffantes, et qui me rappelle la fête au village quand j’étais petite…

La fanfare débarque et bouscule les habitudes. Je n’en dirai pas plus : lisez !

Chez nous quand ils arrivaient, c’était l’évènement.

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Julia Wauters travaille au pochoir… Au pochoir, sapristi !

Ça ne durait pas longtemps, fallait pas les louper. Avec Marraine et ma grand-mère, on faisait des kilomètres à pied pour y aller, vu qu’on était dans un coin pire paumé que le village. Le soir, feu d’artifice. Si on avait réservé le taxi on rentrait avec. À moins que le postier (le gars le plus rougeaud ever) ne sorte son tacot pour nous raccompagner.

Le reste du temps il ne se passait rien. Les journées se ressemblaient, à ceci près que parfois il pleuvait. Ou qu’il faisait si chaud que le goudron fondait sur la route.

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Le texte d’Anne Cortey est délicat, poétique, intriguant.

OK il y avait aussi le jour maudit où ma grand-mère cuisinait de la langue de veau vinaigrette et où je ne mangeai PAS !

Quoi, qu'est-ce qu'elle a ma langue ?

Quoi, qu’est-ce qu’elle a ma langue ?     (© Vachonman)

Tout était petit et merveilleux… Noisettes, buissons couverts de mûres, congrès d’escargots, baignade dans la rivière, attaque de libellules, araignées, Malabars, retour des hirondelles. Chaque année pareil.

Merci Fanfare pour tous ces souvenirs.

Pétard, je la regrette cette langue de veau !

Fanfare, Anne Cortey (texte) & Julia Wauters (ill), Sarbacane, 2014.

Dès 5 ans et pour tout le monde.

Nine en juillet

31 juillet 2014 § 2 Commentaires

Nine en juilletDans la maison de vacances il y a tant d’albums collectionnés au fil du temps (depuis bien avant moi) que je ne sais lequel piocher, mes tourterelles.

Pourquoi pas celui-ci, déniché l’an dernier dans une grande surface.

Yes ça fait un choc. Mais la dernière librairie du coin ayant baissé le rideau, je rode désormais comme une âme en peine dans le rayon bouquin des SuperTruc.

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Comme l’Ébouriffée, Nine est pas mal bricoleuse…

Nine en juillet, c’est des enfants, un chien, une cabane perchée, une galette, la nuit, des fantômes et des cerises… Tout pour me plaire.

(Dis donc André Jenny tu nous dois toujours une cabane !)

Toutefois celle-ci se réveille plus tôt que celle-là, ha ha.

Toutefois celle-ci se réveille plus tôt que celle-là, ha ha.

Depuis mon bac option cerise et ma rencontre au sommet avec un fantôme, j’adore les histoires farcies aux cerises et aux spectres.

Le monde de Nine a de drôles de couleurs… Qu'y avait-il dans sa galette ?

Le monde de Nine a de drôles de couleurs… Qu’y avait-il dans cette galette ?

Du mystère, du suspens, Estelle Billon-Spagnol et Annette Marnat flirtent avec Patricia Highsmith…

J'veux pas dire, une fois de plus c'est les filles qui bossent.

J’veux pas dire, une fois de plus c’est les filles qui bossent.

Alors attention ça fait un peu peur !

Pour copier Nine, l'ébouriffée a courageusement passé la nuit dehors.

Pour copier Nine, l’Ébouriffée a dormi dehors. Heureusement elle a un sommeil de plomb !

Nine en juillet, Estelle Billon-Spagnol (texte) & Annette Marnat (illus), Éditions Chocolat ! 2013

Pour les courageux à partir de 4 ans. Et pour tous ceux qui aiment les cabanes.

Pourquoi ma grand-mère tricote des histoires ?

25 juin 2014 § 2 Commentaires

grand mère couvMa grand-mère à moi tricotait des histoires et des écharpes. Ses écharpes étaient pleines de trous. Ses histoires aussi, surtout à la fin de sa vie. Mais quand on a une vie très longue, c’est un peu normal qu’une maille saute de temps en temps.

Qu’importe, elles étaient super ses histoires, surtout celle de l’escalade du Mont-Blanc en prévision de laquelle elle avait barboté le falzar de son frère… Mais je la raconterai une autre fois car la grand-mère de cet ouvrage n’est pas la mienne.

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Ma grand-mère avait le chic pour ébouriffer le vie. (© Aurélie Guillerey)

C’est celle de Georges-Emmanuel Clancier qui tricota chaque soir des fées, des sorcières, des ogres et des chevaliers dans l’imagination du futur écrivain, tout en recomptant les mailles de son tricot.

L’histoire qui les a unis ouvre ce délicieux recueil. Elle est si jolie qu’on se sent en la lisant pousser une écharpe autour du cœur : des amitiés pareilles, ça tient chaud, surtout quand elle unit grands-parents et petits-enfants..

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Mon cousin le caillou, ma sœur la libellule… (© Aurélie Guillerey)

Célia Gallice et Emmanuelle Leroyer ont eu une drôle d’idée : réunir des poèmes qui parlent de la famille. Papy, mamie, papa, maman, les enfants et leurs cousins, tout le monde est venu. De Tagore à Victor Hugo, Rimbaud et d’autres enchanteurs, elles tricotent leur recueil, une maille à l’endroit, une maille à l’envers, avec les pelotes du souvenir.

Fou rires, secrets, nostalgie, petits riens, goûters, nuits paisibles, la mort aussi…

Plus l’univers enchanté d’Aurélie Guillerey, qui prête son talent à cette tendre idée… Égale un merveilleux album à lire, relire et offrir à toute la famille.

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Incroyable ! Aurélie a copié le fauteuil de ma mémé. (© Aurélie Guillerey)

Une fois

le sommeil a surpris Grand-mère

avant qu’elle ne termine son récit

Nous avons attendu toute la nuit

que son sourire libère

le reste de l’histoire

Jean Elias

Pourquoi ma grand-mère tricote des histoires ?, une anthologie de poèmes choisis par Célia Gallice et Emmanuelle Leroyer, illustrations d’Aurélie Guillerey, Bayard jeunesse, 2012

Comme tous les poèmes, à n’importe quel âge.

21 éléphants sur le pont de brooklyn

20 juin 2014 § Poster un commentaire

21 éléphants couvL’anecdote est presque trop jolie pour être vraie et pourtant… An 1883, au terme d’une construction qui a duré quatorze ans et suscité l’admiration de tous, le pont de Brooklyn intimide.

Osera-t-on, osera-t-on pas l’emprunter ?

C’était une véritable œuvre d’art. Un exploit sans précédent. Mais devant un pont si haut, si long, si moderne, quelques personnes ne purent s’empêcher de poser l’inévitable question :

– Est-il vraiment solide ?

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Bou diou ! Tant de modernité m’ébouriffe le melon.

Pour prouver la robustesse de l’ouvrage, Phineas T. Barnum, l’homme du plus grand chapiteau du monde, a une idée de ouf : faire défiler ses 21 éléphants de Manhattan à Brooklyn… via le nouveau pont.

Quel malin, ce Barnum ! Si c’est pas de la pub, ça ?

Le battage médiatique qu’il organise autour de l’évènement accroît encore sa célébrité.

Pas grâce si ça s'écroule, les éléphants ça vole. Si, la preuve, Dumbo !

Pas grave si ça s’écroule, les éléphants ça vole. La preuve, Dumbo !

Pour préserver le suspens, je ne dirai rien de ce qu’il advint. Les éléphants parvinrent-ils au bout de leur traversée ? Le pont résista-t-il au choc de 21 fois cinq tonnes ?

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On me signale un éléphant ébouriffé en tête de peloton.

Vous le saurez, mes capucines, en lisant l’aventure telle que l’a retracée April Jones Prince. François Roca accompagne l’équipée, lui conférant une touche épique et le soupçon de mystère dont il a le secret. Et voilà comment nait une légende…

NB : On m’informe en régie qu’un tome 2 est en préparation. Il narre la formidable mobilisation de millions de touristes dévoués, qui ont accroché des tonnes de cadenas au pont des Arts pour que personne ne le vole !

Et maintenant, sans les oreilles !

Allez les gars, à mon signal on chope le pont des Arts et on se tire !

21 éléphants sur le pont de Brooklyn, April Jones Prince (texte & François Roca (ill), Albin Michel jeunesse, 2006

Dès 6 ans.

Les voyous qui souhaitent aider Dumbo à voler le pont des Arts peuvent signer ici !

Une vie de patachon

18 juin 2014 § Poster un commentaire

expressions françaisesElle vient d’où, cette expression, mes berlingots ?

A – Autrefois le patachon était un autre nom du troubadour, fou du roi qui amusait le public avec ses facéties. Mener une vie de patachon, c’était ne pas se prendre au sérieux, faire un peu n’importe quoi…

Et faire la navette ? Rester en carafe ? Prendre la mouche ? Tomber à pic ? Filer à l’anglaise ? Faire un tabac ? Avoir un nom à coucher dehors ? À la Saint-Glinglin ?

B – La patache était une carriole qui servait à effectuer de longs voyages. Le cocher menait la vie dure, mais joyeuse aussi. On lui reprochait de s’arrêter dans les tavernes pour boire un peu trop…

Dans ce petit ouvrage paru chez Oskar jeunesse, plusieurs propositions présentées sous forme de quizz expliquent chaque expression… Quelle est la bonne ? Au lecteur d’avoir du nez.

C – François de Patachon était un ministre de Louis XIII, bien connu pour sa vie libertine. Plus attiré par les femmes que par le travail, il multipliait les excentricités.

C’est drôle, farfelu, parfois tiré par les cheveux, mais en découvrant la solution j’en suis souvent restée comme deux ronds de flan.

SleepingBeautyMinstrel

Et ron et ron petit patachon

Expressions françaises, Pascale Perrier (texte) et Michel Boucher (ill), Oskar Jeunesse, 2010.

Dès 8 ans.

NB : La vie de patachon, pour de vrai, c’est celle qu’on menait à vingt ans et qui ressemblait un peu à celle des cochers de patache.

Le grand livre de la bagarre

12 juin 2014 § Poster un commentaire

grand livre de la bagarreJ’ai bien changé depuis, les saucisses, mais quand j’étais petite, j’aimais drôlement la bagarre.

C’était mon sport préféré.

Sauf que comme ma mère était le Chef des Activités, je faisais piano, danse et tennis aussi. Du coup il ne restait plus beaucoup de temps pour pratiquer la bagarre – en dehors des crêpages de chignons avant les galas de danse.

En plus, mon frère et moi on avait interdiction de se castagner. Si je lui collai un gnon et qu’il me tirait les couettes, le Chef des Activités surgissait de nulle part et nous renvoyait à nos gammes. Dommage, on était très doués.

Excellent motif de bagarre plébiscité par l'Ébouriffée : le Bic 4 couleurs.

Excellent motif de bagarre plébiscité par l’Ébouriffée : le Bic 4 couleurs.

Mes garçons ont hérité de ce talent. Je me suis recyclée dans l’arbitrage.

Du coup, c’est en spécialiste que je l’affirme : Davide Cali et Serge Bloch, ils s’y connaissent en bourre-pif.

Moi aussi tout le monde veut me piquer mon Bic 4 couleurs.

Moi aussi tout le monde veut me piquer mon Bic 4 couleurs.

Tellement bien qu’ils ont concocté Le grand livre de la bagarre, un gigantesque (vraiment très gigantesque) manuel destiné aux bagarreurs de tout poils qui va faire date.

Serge et Davide, on sent que leur mère ne les a pas inscrits aux Cours de l’Abeille (danse classique et solfège). Et ils ont eu du temps pour s’exercer.

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L’arbitre ébouriffé a souvent ramassé des touffes de cheveux dans la chambre de ses fils.

Leur précis de la castagne s’adresse à tous les enfants, filles et garçons. Certains apprécieront en amateurs, d’autres découvriront les us et coutumes, chacun conviendra que la bagarre c’est tout un art, dans lequel il est uniquement question de s’amuser ! Sinon, c’est pas du jeu.

Un Pablo est caché dans ce dessin. Oups, non, c'est une Colette.

Un Pablo est caché dans ce dessin. Oups, non, c’est une Colette.

J’en recommande aussi la lecture aux parents. Ce sera l’occasion de réviser leurs souvenirs, de laisser fleurir leur cœur d’arbitre… Et de porter un regard tout zen sur leurs petits choux collés pour cause de peignée pendant la récré.

C'était chouette, merci pour la baston, Serge et Davide !

C’était chouette, merci pour la baston, Serge et Davide !

Le grand livre de la bagarre, Davide Cali (texte) & Serge Bloch (ill), Sarbacane, 2013

À partir de… 5 ans ? (Avant pour les talents précoces)

J’aime mes cauchemars

7 juin 2014 § 3 Commentaires

j'aime mes cauchemars couvLes enfants sont dingues ou quoi ? Quand ils n’adoptent pas de bestiole, ils cultivent le cauchemar. Remarquez, pour eux c’est peinard. Côté animaux, c’est les parents qui se tapent tout le boulot. Et question cauchemar, qui se réveille la nuit pour réconforter poussin ? (Bon ok, chez nous c’était l’Auteur. Moi dès que je pose le citron sur l’oreiller, je deviens sourde comme un pot.)

L’héroïne de cet album fait des cauchemars. Pas que des histoires de monstres. Des rêves où elle se perd, se retrouve en petite culotte à la récré… Pour l’en débarrasser, sa maman prend les choses en main : avalanche de licornes en peluche, d’histoires rigolotes et autres contes de fées. Les nuits se teintent de rose bonbon, éclairées par une veilleuse.

Nan mais ça va pas la tête ? Sans cauchemars à dorloter, ça ne vaut plus le coup. L’espiègle demoiselle se rebelle.

On la comprend. Des cauchemars dessinés par Amélie Graux, je ne les lâcherais pour rien au monde.

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Câliiiin !

J’ai envie d’en prendre soin, de les border le soir, de les couvrir d’une écharpe pour qu’ils ne prennent pas froid l »hiver.

Hé les parents, Séverine Vidal a tout pigé : les enfants sont comme nous, ils aiment avoir la frousse. Il est interdit d’interdire d’avoir peur ! Comment ils vont grandir sinon, nos petits poussins ?

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Heu… Pour les cauchemars, c’est ici ?

J’aime mes cauchemars, Séverine Vidal (texte) & Amélie Graux (ill), Gallimard giboulées, 2014

Dès 3 ans.

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Mouhahahahaaaaaa !

Le voleur de poule

4 juin 2014 § Poster un commentaire

Il ne manque pas d’air, le renard ! Voilati pas qu’il kidnappe la poule sous les yeux du coq et de ses copains, l’ours et le lapin.

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S’ensuit une aventure chevaleresque et sans paroles, avec folles poursuites à travers monts et forêts ou sur l’océan déchaîné, de jour comme de nuit…

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Quand les sauveteurs au grand cœur rattrapent enfin le bandit, paf, gros syndrome de Stockholm ! Dame poule se jette à leur pieds et intercède en faveur de son ravisseur : elle l’aime. Le coq est cocu, qui l’eut cru ? Béatrice Rodriguez a le sens des retournements de situation. Pour ma part j’en suis restée sans voix.

J’ai eu l’autre soir à Laval une conversation fort instructive sur les poules. La spécialiste à qui j’avais affaire a passé sous silence leur tempérament de feu. Dire qu’elle a failli me convaincre d’en adopter une pour réduire mes déchets ! J’imagine qu’elle aurait surtout réduit l’effectif de mes ados en s’enfuyant avec l’un d’eux. Finalement j’ai ramené un cochon. Houlà on a eu chaud.

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Quand le coq n’est pas là, les poulettes dansent.

Le voleur de poule, Béatrice Rodriguez, Autrement jeunesse, 2005

À partir de 3 ans.

Au fait il parait que depuis le coq s’est vengé dans La vengeance du coq, même auteur, Autrement jeunesse, 2011.

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La vengeance du coq ?

Une ou deux bêtises

1 juin 2014 § 2 Commentaires

uneoudeuxbetises couvHa ha, j’ai bien ri hier soir en lisant cet album tout foufou d’Isabelle Gil, les cachous.

L’Auteur, toujours dans Proust, s’est vaguement courroucé d’une telle hilarité avant d’en découvrir la source. Ceci dit, un amateur de madeleine ne pouvait que craquer pour la chouquette chantilly.

Mémé organise une fête anniversaire déguisée pour son petit fils. Le héros du jour et ses invités ont tôt fait de mettre le souk. Et devinez quoi ? Le héros, ses invités et sa mémé sont des nounours à la guimauve ! Youpi.

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Chez mémé (avant)

Quand la fête se déglingue et vire au désastre, pâte à modeler, sardine au chocolat et coloriages se mettent en frais pour réparer tout ça.

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Pendant l’ébouriffante fiesta

C’est marrant, c’est chou, c’est irrésistible. Avec un côté jeu des 7 erreurs délirant.

Là où l’Auteur n’a pas suivi, c’est quand, prise d’une subite fringale, j’ai suggéré une équipée urgente en ville pour dégotter des oursons à la guimauve. Il paraît qu’en pleine nuit c’est trop compliqué. Mais que fait la police des bonbecs ?!

Feuilleter ici et découvrir d’autres albums dingo de l’auteur.

Une ou deux bêtises, Isabelle Gil, L’école des loisirs, 2011.

À partir de 2 ans et jusqu’au sevrage de nounours, autant dire jamais en ce qui me concerne.

Where have you gone, monsieur Pickwick ?

29 Mai 2014 § 1 commentaire

Pickwick-Papers-serial-coverDes charlatans, des escrocs, des idiots, voici pour l’essentiel l’impitoyable casting réuni pour Les aventures de monsieur Pickwick. Il est si bon, lui, si naïf – ce qui n’exclut pas une dose d’extravagance. Hélas, chacune de ses initiatives tourne à la catastrophe.

Don Quichotte grassouillet, aussi maladroit que généreux, Pickwick croise fort heureusement la route de son Sancho Pança, le gouailleur Sam Weller. Sans lui, Pickwick n’aurait pas connu ce succès. Et jusqu’à l’apparition du valet, dans la cour d’auberge où il cire les chaussures en commentant la vie avec philosophie, Dickens ne semble pas bien savoir où il mène son héros, entre épisodes comiques et contes cauchemardesques.

Pickwick et Sam

Monsieur Pickwick rencontre Sam, l’ébouriffé du galurin.

L’arrivée de Sam est une évidence. Dès son entrée en scène, on est pris. Avalanche de personnages, rebondissements innombrables, intrigues secondaires multiples, le récit s’ébouriffe à la rocambolesque.

Pickwick et arabella

Pickwick, roi de l’escalade !

Les papiers posthumes du Pickwick club parait en vingt épisodes entre 1836 et 1837. Charles Dickens entre en littérature, il a 24 ans. À cette époque, l’enthousiasme tient du phénomène. On se cotise pour acheter le journal, on le lit, le relit, on se récite par cœur les mots de Sam Weller.

Là, maintenant nous avons l’air d’être condensé et confortable, comme disait le père qui avait coupé la tête de son petit garçon pour l’empêcher de loucher.

Sans Sam et Pickwick, je me serais beaucoup ennuyée à dix ans. Ce couple loufoque m’a sauvée des journées pluvieuses, des couvre-feux précoces et autres désagréments de la jeunesse. Pourtant en le relisant aujourd’hui, j’ai compris qu’il avait fait bien plus…

procès Pickwick

L’inique procès de monsieur Pickwick !

Comme les enfants, Pickwick a une vision du monde fort claire (ce qui est injuste n’est pas juste) et ses ambitions dépassent ses capacités (il veut mais ne peut pas, en dépit d’efforts démesurés). Et dans son impuissance, il oppose aux persécutions une touchante dignité. Plus il est malmené, plus il est admirable… Ce gentleman m’a consolée de bien des injustices. J’ai soigné avec lui de cuisantes blessures d’amour propre, compris la grandeur dans le ridicule, accepté les dangers de l’optimisme. J’estime que tous les enfants devraient pouvoir en faire autant.

M’expliquera-t-on alors pourquoi on ne peut dénicher aujourd’hui une édition décente de ses aventures qui leur soit destinée ?

Je ferai mieux la prochaine fois, comme disait la petite fille qui avait noyé son frère et égorgé son grand-père.

Les aventures de monsieur Pickwick, Charles Dickens, d’occasion chez Omnibus, ou dans La Pléiade.

malo-de-langeÀ lire absolument, la série des Malo de Lange, où l’auteur qui a sans doute beaucoup fréquenté Pickwick, offre à son héros de délicieux aphorismes qu’on croirait tout droit sortis de la bouche de master Weller :

Dans la vie, il y a des hauts et des bas, dit celui qui montait les escaliers pour se jeter du cinquième étage.

Malo de Lange fils de voleur, Malo de Lange fils de personne, Malo de Lange et le fils du roi, Marie Aude Murail, L’école des Loisirs – à partir de 9 ans.

Où suis-je ?

Catégorie lectures sur les carnets de l'ébouriffée.