Pourquoi ma grand-mère tricote des histoires ?
25 juin 2014 § 2 Commentaires
Ma grand-mère à moi tricotait des histoires et des écharpes. Ses écharpes étaient pleines de trous. Ses histoires aussi, surtout à la fin de sa vie. Mais quand on a une vie très longue, c’est un peu normal qu’une maille saute de temps en temps.
Qu’importe, elles étaient super ses histoires, surtout celle de l’escalade du Mont-Blanc en prévision de laquelle elle avait barboté le falzar de son frère… Mais je la raconterai une autre fois car la grand-mère de cet ouvrage n’est pas la mienne.
C’est celle de Georges-Emmanuel Clancier qui tricota chaque soir des fées, des sorcières, des ogres et des chevaliers dans l’imagination du futur écrivain, tout en recomptant les mailles de son tricot.
L’histoire qui les a unis ouvre ce délicieux recueil. Elle est si jolie qu’on se sent en la lisant pousser une écharpe autour du cœur : des amitiés pareilles, ça tient chaud, surtout quand elle unit grands-parents et petits-enfants..
Célia Gallice et Emmanuelle Leroyer ont eu une drôle d’idée : réunir des poèmes qui parlent de la famille. Papy, mamie, papa, maman, les enfants et leurs cousins, tout le monde est venu. De Tagore à Victor Hugo, Rimbaud et d’autres enchanteurs, elles tricotent leur recueil, une maille à l’endroit, une maille à l’envers, avec les pelotes du souvenir.
Fou rires, secrets, nostalgie, petits riens, goûters, nuits paisibles, la mort aussi…
Plus l’univers enchanté d’Aurélie Guillerey, qui prête son talent à cette tendre idée… Égale un merveilleux album à lire, relire et offrir à toute la famille.
Une fois
le sommeil a surpris Grand-mère
avant qu’elle ne termine son récit
Nous avons attendu toute la nuit
que son sourire libère
le reste de l’histoire
Jean Elias
Pourquoi ma grand-mère tricote des histoires ?, une anthologie de poèmes choisis par Célia Gallice et Emmanuelle Leroyer, illustrations d’Aurélie Guillerey, Bayard jeunesse, 2012
Comme tous les poèmes, à n’importe quel âge.
Les enfants sont méchants
23 mars 2014 § Poster un commentaire
Je signalais l’autre jour en passant que les enfants sont méchants. Vincent Cuvellier est d’accord avec moi, mes petits beurres. Il en fait l’accablante démonstration dans un ouvrage irrésistible qui a bien fait poiler mes ados. Pourtant à leur place j’aurais été vexée. Cet album les décrit fort bien quand ils étaient petits, il n’y a pas si longtemps en fait. Mais aujourd’hui ils chaussent du 43, alors ils ne se sentent pas visés. On ne peut pas leur en vouloir : comme le rappelle l’ébouriffant Vincent, les enfants sont méchants et en plus ils sont bêtes.
Aurélie Guillerey a très bien dessiné mes garçons, je les ai reconnus tous les deux. Elle est trop forte ! J’ai aussi repéré mes nièces, leurs cousines, les enfants de mes cousins, le fils de ma copine Coco, sa fille aussi (mais elle, elle est trognon en fait). Ho là là, en plus j’ai reconnu l’Auteur avec lequel je vis, quand il avait huit ans. Sauf que Vincent et Aurélie ont drôlement atténué les faits, parce que lui, il n’a pas juste colorié en débordant : il a entièrement repeint l’allée de l’immeuble en bleu. En même temps faut être complètement inconscient pour ranger des pots de peinture dans sa cave alors qu’il y a des enfants dans le coin : les enfants sont tellement méchants.
Un jour une petite fille a mordu un petit garçon ! Vous vous rendez compte ? Mordu un petit garçon ! Et savez vous ce qu’à fait le petit garçon ? Il a tiré les cheveux de la petite fille ! Vous vous rendez compte ? Ça fait super mal !
Comment ça on parle de mon frère et moi ici ? Mais enfin, ma chère mère, zip it ! Pff, les parents aussi, des fois ils sont pas gentils.
Les enfants sont méchants, Vincent Cuvellier (texte) et Aurélie Guillerey (ill), Gallimard Jeunesse Giboulées, 2012
À partir de 4 ans, avant ils sont surtout trognons.



