Je te l’avais bien dit, Siegfried
8 juillet 2014 § 4 Commentaires
J’ai passé trois jours dans une ville où il y a une rue de l’Écureuil. C’est pas chou ?
Il y avait un marché aux puces. J’ai acheté un album vintage de Ludmila Jirincova : Le lac des cygnes.
Je suis tombée amoureuse de l’illustration avec le diabolique enchanteur Rothbart. Ce type a toujours été mon personnage de ballet préféré.
Je suis donc repartie avec mon livre, que j’ai beaucoup lu depuis mais que les illustrations.
Le texte me disait moyen. Il avait l’air oufa et multi-alambiqué. C’est souvent le cas avec cette histoire. Ça parle d’un cygne-princesse et d’une princesse-cygne, tout le monde les confond. Comme personne ne sait ce qui s’est vraiment passé, ça se termine à chaque fois n’importe comment.
Sauf que l’autre jour, par inadvertance, j’ai lu le texte. Bigre de dondaine, mes poulets, ça m’a bien plu. Cette version est fort instructive.
Oyez, oyez. La reine dit à son fils de se choisir une princesse. Il dit que merci bien, il préfère chasser. Sa mère dit qu’elle organise un bal pour qu’il trouve chaussure à son pied. Il dit que d’accord, on va faire comme ça, mais là il part chasser avec ses potes. (N’oublions pas que nous avons affaire à un ado, son cerveau n’est donc pas complètement bien irrigué). La reine lève les yeux au ciel. Elle dit qu’il ferait mieux de ranger sa chambre. Alors il dit que crotte, si c’est comme ça, elle pourra la choisir elle-même (la princesse). Tope là ! dit la reine.
J’ai trouvé ça très réaliste. On retrouve bien la matrice d’une conversation mère/ado, à condition de remplacer « choisir une princesse » par « t’acheter un nouveau pull », « chasser » par « manger un kebab » et « un bal » par « une virée shopping ».
J’ai ADORÉ le passage où le prince dit à sa mère :
Très bien, si tel est votre désir, je vous obéirai.
Même si c’était moins réaliste du coup.
En fait ce gourgandin enfume sa mère. On la voit se démener le soir du bal, elle lui présente primo une brune espagnole, deuxio une blonde italienne, troisiémo une certaine Ira von Beck. Mais il n’en fait qu’à sa tête et choisit n’importe qui.
Tout va très mal se passer, évidemment.
À la fin, c’est la pagaille et sa merveilleuse mère lui dit : je te l’avais bien dit !
Houlà, la pertinence de cette réplique m’a une fois de plus éblouie.
Dommage que le Conseil Supérieur de la Famille (présidé par l’Auteur qui en est le membre unique depuis mon exclusion pour recrachage de lait intempestif un jour qu’il me faisait rire en grondant le chat) m’ait interdit de prononcer cette phrase, sous prétexte que j’ai utilisé tout le stock disponible avant que mes enfants perdent leurs dents de lait. Si je le dis encore, je serai transformée en statue de sel.
Je ne suis pas certaine que le Conseil soit capable d’un tel sortilège, toutefois prudence est mère de sûreté. (Ma mère me l’a bien dit.)
Du coup j’ai semé l’album dans les 12000 bd que mes ados ont entassées sur le sol de leur chambre pour se rapprocher du plafond.
S’il y a une panne d’Internet suffisamment longue, qu’une paralysie des doigts les empêche d’envoyer leurs 300 sms quotidiens, qu’un cambrioleur emporte la télé et que les Aliens débarquent, ils finiront peut-être par tomber dessus en creusant une tranchée entre les lits.
Et ils découvriront la phrase magique :
Très bien, si tel est votre désir, je vous obéirai, ma merveilleuse mère.
Ok, j’ai rajouté deux trois mots à la fin pour être sûre qu’ils comprennent.
Signé The Merveilleuse. (Aka : Je te l’avais bien dit, gros nigaud !)
Le Lac des Cygnes, conté par Kamil Bednar & illustré par Ludmila Jirincova, Gründ 1968. À chiner d’occasion près de la rue de l’Écureuil.
Fabrique ton costume de Fantômette
2 juillet 2014 § 7 Commentaires
Je voulais vous parler du Lac des cygnes, mes saucisses, mais il m’est arrivé un truc incroyable.
Je me suis retrouvée assise à côté de Claire Lhermey. Ta-da !
Je faisais une signature et ça se bousculait pas au portillon, alors pour tuer le temps j’ai espionné la came de la concurrence. La fille à côté signait des bouquins au nom de Claire Lhermey. Claire Lhermey ?! Les yeux me sont sortis de l’orbite.
Comme elle faisait très très jeune, je me suis dit : ho là là calmos, ça ne peut quand même pas être the Claire Lhermey ?
Finalement j’ai pris mon courage à deux mains, je lui ai demandé si elle était bien the Claire Lhermey. Non mais dites donc figurez vous que c’était totalement elle.
J’étais assise à côté de la fille qui a dessiné Fantômette et la maison hantée !
Mon Fantômette préféré au monde.
Celui dont j’ai tellement adorissolé les dessins que j’ai attrapé une fantômite aiguë et découpé la robe de soirée de ma mère pour me fabriquer une cape. Même que la mamma n’était pas contente. Elle a essayé de me faire un lavage de cerveau avec les Aventures d’Alice Roy afin de sauver le reste de sa garde-robe.
J’ai dit à Claire Lhermey que je n’étais guère satisfaite. Car après avoir illustré ce fantastique Fantômette, elle est passée à autre chose. Alors qu’on attendait la suite. (C’est Josette Stefani qui a continué mais bon.)
J’ai dit à Claire Lhermey que du coup je suis restée scotchée sur son livre. Que du coup je l’ai relu 3000 fois. Que du coup j’ai fait des études d’Histoire des Arts. (Pour ceux qui ont des lacunes, c’est l’épisode où 3 toiles du célèbre Popovitch disparaissent du musée de l’Art du Futur à la barbe de tout Framboisy alors j’ai hésité avec un cursus de détective ou de cambrioleuse.)
Que du coup aujourd’hui j’écris des livres pour les enfants. Mais là, ok, c’est un peu aussi la faute à Georges Chaulet.
Tout ça alors que j’aurais pu devenir : the First Femme Président des États Unis d’Amérique.
Ou prix Nobel de physique.
Ou acrobate.
J’espérais lui faire honte mais non. Elle a trouvé ça tout à fait marrant. C’est pas grave, Claire, je lui pardonne tout. Elle écrit et peint des livres ébouriffants.
Mais quand l’Auteur frimera parce qu’il a fait visiter le musée du Louvre à Michael Jackson, je lui tiendrai la dragée haute. Moi j’ai passé deux heures à papoter avec Claire Lhermey.
Maintenant il ne me reste plus qu’à rencontrer Popovitch !
Fantômette et la maison hantée, Georges Chaulet (texte) & Claire Lhermey (illus), la bibliothèque rose, à dénicher d’occase.
NB : et planquez vos robes de soirée, les mamans.
Lousse, Noche et Bum vs le Festival de l’Adolescence
28 juin 2014 § Poster un commentaire
Désolée mes dragées, je me suis un peu absentée. C’est parce que j’étais en plein Festival de l’Adolescence.
Hou, c’était trépidant. Je ne me suis pas ennuyée une seconde. Un vrai feu d’artifice. Pour tout vous dire, hier on a eu le bouquet final : battle d’eau de Javel ! Youhou soyons fous…
(Ok, c’était pendant une soirée à laquelle l’ado n°2 n’aurait PAS dû aller vu qu’il est privé de tout ces jours ci. Mais bon parfois on craque, on veut être sympa. Et leur éviter de s’évader par le balcon, surtout qu’ici ça fait haut).
La battle de Javel avec aspersion intégrale est l’un des rares cas où la copine de l’ado n’hésite pas à appeler au secours les parents de l’ado. « Venez vite, il y a urgence : on a dû jeter tous ses vêtements et il peut quand même pas rentrer tout nu. »
Heureusement ils sont nuls ces jeunes, ils visent très mal. Du coup on n’a pas été obligé d’échanger l’ado en magasin contre un autre moins récuré des muqueuses. Tant mieux. Vu qu’il n’est plus sous garanti, ça m’aurait coûté une fesse.
Pour remercier la copine de l’ado, j’ai promis de fournir le White Spirit et les allumettes pour la prochaine Fiestabomba.
Tout ça pour dire que : j’échange un lot de 2 ados contre une petite Lousse. Doudous escargot et éléphant bienvenus.
Je ne sais pas pourquoi, ce Festival de l’Adolescence à Javel-les-Bains m’a donné des envies de légèreté, de tendresse, de balançoires, de cornets de frites, d’amis imaginaires, de tour du monde pour rire et de pains au chocolat. Tout ce dont Alex Cousseau m’a soudain rendue nostalgique. L’enfance, quoi. Et si en prime je peux me balader dans l’univers de Candice Hayat (qui ne connaît pas le délavage à l’hypochlorite de sodium), je serai bien contente.
Bum et Noche s’endorment. Lousse entend son cœur et le leur. Leurs trois cœurs battent exactement en même temps. Tic-tac, flip-flap, bloup…
NB : Le lot d’ados sera fourni avec toute la panoplie (slims, caleçons apparents, chaussettes trouées, coups de fil du principal, compète de grasses-mat’, surboums et matchs de foot). En revanche, sans la notice explicative qui s’est égarée dans le bazar de leur chambre à coucher.
Lousse, Noche et Bum, Alex Cousteau (textes) & Candice Hayat (illus), Autrement Jeunesse, 2011
À partir de 3 ans.
Pourquoi ma grand-mère tricote des histoires ?
25 juin 2014 § 2 Commentaires
Ma grand-mère à moi tricotait des histoires et des écharpes. Ses écharpes étaient pleines de trous. Ses histoires aussi, surtout à la fin de sa vie. Mais quand on a une vie très longue, c’est un peu normal qu’une maille saute de temps en temps.
Qu’importe, elles étaient super ses histoires, surtout celle de l’escalade du Mont-Blanc en prévision de laquelle elle avait barboté le falzar de son frère… Mais je la raconterai une autre fois car la grand-mère de cet ouvrage n’est pas la mienne.
C’est celle de Georges-Emmanuel Clancier qui tricota chaque soir des fées, des sorcières, des ogres et des chevaliers dans l’imagination du futur écrivain, tout en recomptant les mailles de son tricot.
L’histoire qui les a unis ouvre ce délicieux recueil. Elle est si jolie qu’on se sent en la lisant pousser une écharpe autour du cœur : des amitiés pareilles, ça tient chaud, surtout quand elle unit grands-parents et petits-enfants..
Célia Gallice et Emmanuelle Leroyer ont eu une drôle d’idée : réunir des poèmes qui parlent de la famille. Papy, mamie, papa, maman, les enfants et leurs cousins, tout le monde est venu. De Tagore à Victor Hugo, Rimbaud et d’autres enchanteurs, elles tricotent leur recueil, une maille à l’endroit, une maille à l’envers, avec les pelotes du souvenir.
Fou rires, secrets, nostalgie, petits riens, goûters, nuits paisibles, la mort aussi…
Plus l’univers enchanté d’Aurélie Guillerey, qui prête son talent à cette tendre idée… Égale un merveilleux album à lire, relire et offrir à toute la famille.
Une fois
le sommeil a surpris Grand-mère
avant qu’elle ne termine son récit
Nous avons attendu toute la nuit
que son sourire libère
le reste de l’histoire
Jean Elias
Pourquoi ma grand-mère tricote des histoires ?, une anthologie de poèmes choisis par Célia Gallice et Emmanuelle Leroyer, illustrations d’Aurélie Guillerey, Bayard jeunesse, 2012
Comme tous les poèmes, à n’importe quel âge.
Une vie de patachon
18 juin 2014 § Poster un commentaire
Elle vient d’où, cette expression, mes berlingots ?
A – Autrefois le patachon était un autre nom du troubadour, fou du roi qui amusait le public avec ses facéties. Mener une vie de patachon, c’était ne pas se prendre au sérieux, faire un peu n’importe quoi…
Et faire la navette ? Rester en carafe ? Prendre la mouche ? Tomber à pic ? Filer à l’anglaise ? Faire un tabac ? Avoir un nom à coucher dehors ? À la Saint-Glinglin ?
B – La patache était une carriole qui servait à effectuer de longs voyages. Le cocher menait la vie dure, mais joyeuse aussi. On lui reprochait de s’arrêter dans les tavernes pour boire un peu trop…
Dans ce petit ouvrage paru chez Oskar jeunesse, plusieurs propositions présentées sous forme de quizz expliquent chaque expression… Quelle est la bonne ? Au lecteur d’avoir du nez.
C – François de Patachon était un ministre de Louis XIII, bien connu pour sa vie libertine. Plus attiré par les femmes que par le travail, il multipliait les excentricités.
C’est drôle, farfelu, parfois tiré par les cheveux, mais en découvrant la solution j’en suis souvent restée comme deux ronds de flan.
Expressions françaises, Pascale Perrier (texte) et Michel Boucher (ill), Oskar Jeunesse, 2010.
Dès 8 ans.
NB : La vie de patachon, pour de vrai, c’est celle qu’on menait à vingt ans et qui ressemblait un peu à celle des cochers de patache.
Comment je me suis mise au football avec Poka et Mine
15 juin 2014 § 2 Commentaires
C’est quand même étonnant : un de mes fils est Fou de foot. Ça lui est venu d’un coup, avec l’adolescence. Avant il courait partout en agitant un bout de bois pour nous jeter des sorts (Stupéfix !). Et pouf ! L’apprenti sorcier s’est transformé en fan du Manchester United.
On dira ce qu’on voudra, un sort a dû rebondir quelque part et lui retomber dessus (le sort destiné au chien, pour qu’il apprenne enfin à courir après sa balle). L’Auteur a trouvé ça très drôle.
Pour l’inauguration du Mondial, le Fou de foot était en mode bigorneau, scotché sur la télé.
Il a dit : « Ça fait 4 ans que j’attends ça ! »
Il a dit : « Certes les Bleus n’ont pas un gros vécu international mais on peut compter sur la science tactique de Didier Deschamps. »
Il a dit : « J’ai invité mes copains parce que leurs mères, le foot, ça les saoule. »
Et l’interphone a commencé à sonner.
J’étais donc en hyper ventilation quand je me suis rappelé ce livre de Kitty Crowther. J’avais chougné à l’époque parce que Kitty Crowther est l’un de mes auteurs préférés au monde et ses Poka & Mine ma série favoritissime (si, on dit comme ça). Il y avait eu Poka & Mine au musée, au cinéma, au fond du jardin avec l’araignée qui apprend à tricoter… Sans parler de la fois où Mine achète de nouvelles ailes !
Et paf, Poka et Mine 2010 c’était foot. Pourquoi, pourquoi, pourquoi, ronchonnai-je ?
On me signale en régie que 2010 était déjà une année Coupe du monde. (Décidément ça revient encore plus vite que les Présidentielles, mais c’est mieux que dans l’autre sens car les candidats sont plus gouleyants.)
Pour protester, je l’avais à peine lu. J’ignorais que je le gardais pour plus tard. Autrement dit maintenant.
Le bol !
Alors que le Brésil marquait le premier but du Mondial contre sa propre équipe et qu’un tas d’excités hurlaient dans le salon en s’étranglant avec leurs sushis brésiliens (oui ça existe, c’est vert et jaune – mais c’est juste maintenant il parait), Mine m’a prise par la main pour m’entrainer dans son monde enchanté.
Mine veut faire du foot ! «Mais c’est un sport de garçon !» lui dit Poka.
«Oui, et alors ?»
Avec Mine et Poka, même le football devient merveilleux. Kitty Crowther aborde en douce le sexisme ordinaire et la nouillitude des garçons quand les filles enfilent des chaussures à crampon. Elle évoque la solitude, l’effort, la persévérance, et finit en beauté sur une jolie victoire. C’est émouvant, c’est excellent. Ça m’a réconciliée avec le foot. J’ai compris que je devais m’y mettre aussi.
Du coup j’ai décidé de supporter les Bleus et j’ai illico adopté un bulldog français.
L’Auteur a dit : « Merci Kitty ! » Et il a éteint la télé. Le Fou de foot et ses copains sont partis danser la samba chez une autre maman.
Poka & Mine : le football, Kitty Krowther, L’école des loisirs, 2010
À partir de 5 ans (et pour tous les hyperventilés du Mondial)
Et aussi :
Le grand livre de la bagarre
12 juin 2014 § Poster un commentaire
J’ai bien changé depuis, les saucisses, mais quand j’étais petite, j’aimais drôlement la bagarre.
C’était mon sport préféré.
Sauf que comme ma mère était le Chef des Activités, je faisais piano, danse et tennis aussi. Du coup il ne restait plus beaucoup de temps pour pratiquer la bagarre – en dehors des crêpages de chignons avant les galas de danse.
En plus, mon frère et moi on avait interdiction de se castagner. Si je lui collai un gnon et qu’il me tirait les couettes, le Chef des Activités surgissait de nulle part et nous renvoyait à nos gammes. Dommage, on était très doués.
Mes garçons ont hérité de ce talent. Je me suis recyclée dans l’arbitrage.
Du coup, c’est en spécialiste que je l’affirme : Davide Cali et Serge Bloch, ils s’y connaissent en bourre-pif.
Tellement bien qu’ils ont concocté Le grand livre de la bagarre, un gigantesque (vraiment très gigantesque) manuel destiné aux bagarreurs de tout poils qui va faire date.
Serge et Davide, on sent que leur mère ne les a pas inscrits aux Cours de l’Abeille (danse classique et solfège). Et ils ont eu du temps pour s’exercer.
Leur précis de la castagne s’adresse à tous les enfants, filles et garçons. Certains apprécieront en amateurs, d’autres découvriront les us et coutumes, chacun conviendra que la bagarre c’est tout un art, dans lequel il est uniquement question de s’amuser ! Sinon, c’est pas du jeu.
J’en recommande aussi la lecture aux parents. Ce sera l’occasion de réviser leurs souvenirs, de laisser fleurir leur cœur d’arbitre… Et de porter un regard tout zen sur leurs petits choux collés pour cause de peignée pendant la récré.
Le grand livre de la bagarre, Davide Cali (texte) & Serge Bloch (ill), Sarbacane, 2013
À partir de… 5 ans ? (Avant pour les talents précoces)
J’aime mes cauchemars
7 juin 2014 § 3 Commentaires
Les enfants sont dingues ou quoi ? Quand ils n’adoptent pas de bestiole, ils cultivent le cauchemar. Remarquez, pour eux c’est peinard. Côté animaux, c’est les parents qui se tapent tout le boulot. Et question cauchemar, qui se réveille la nuit pour réconforter poussin ? (Bon ok, chez nous c’était l’Auteur. Moi dès que je pose le citron sur l’oreiller, je deviens sourde comme un pot.)
L’héroïne de cet album fait des cauchemars. Pas que des histoires de monstres. Des rêves où elle se perd, se retrouve en petite culotte à la récré… Pour l’en débarrasser, sa maman prend les choses en main : avalanche de licornes en peluche, d’histoires rigolotes et autres contes de fées. Les nuits se teintent de rose bonbon, éclairées par une veilleuse.
Nan mais ça va pas la tête ? Sans cauchemars à dorloter, ça ne vaut plus le coup. L’espiègle demoiselle se rebelle.
On la comprend. Des cauchemars dessinés par Amélie Graux, je ne les lâcherais pour rien au monde.
J’ai envie d’en prendre soin, de les border le soir, de les couvrir d’une écharpe pour qu’ils ne prennent pas froid l »hiver.
Hé les parents, Séverine Vidal a tout pigé : les enfants sont comme nous, ils aiment avoir la frousse. Il est interdit d’interdire d’avoir peur ! Comment ils vont grandir sinon, nos petits poussins ?
J’aime mes cauchemars, Séverine Vidal (texte) & Amélie Graux (ill), Gallimard giboulées, 2014
Dès 3 ans.
Le voleur de poule
4 juin 2014 § Poster un commentaire
Il ne manque pas d’air, le renard ! Voilati pas qu’il kidnappe la poule sous les yeux du coq et de ses copains, l’ours et le lapin.
S’ensuit une aventure chevaleresque et sans paroles, avec folles poursuites à travers monts et forêts ou sur l’océan déchaîné, de jour comme de nuit…
Quand les sauveteurs au grand cœur rattrapent enfin le bandit, paf, gros syndrome de Stockholm ! Dame poule se jette à leur pieds et intercède en faveur de son ravisseur : elle l’aime. Le coq est cocu, qui l’eut cru ? Béatrice Rodriguez a le sens des retournements de situation. Pour ma part j’en suis restée sans voix.
J’ai eu l’autre soir à Laval une conversation fort instructive sur les poules. La spécialiste à qui j’avais affaire a passé sous silence leur tempérament de feu. Dire qu’elle a failli me convaincre d’en adopter une pour réduire mes déchets ! J’imagine qu’elle aurait surtout réduit l’effectif de mes ados en s’enfuyant avec l’un d’eux. Finalement j’ai ramené un cochon. Houlà on a eu chaud.
Le voleur de poule, Béatrice Rodriguez, Autrement jeunesse, 2005
À partir de 3 ans.
Au fait il parait que depuis le coq s’est vengé dans La vengeance du coq, même auteur, Autrement jeunesse, 2011.






















































