Je te l’avais bien dit, Siegfried

8 juillet 2014 § 4 Commentaires

J’ai passé trois jours dans une ville où il y a une rue de l’Écureuil. C’est pas chou ?

Trop trop mimi.

Pétard, c’est trop chou.

Il y avait un marché aux puces. J’ai acheté un album vintage de Ludmila Jirincova : Le lac des cygnes.

Je suis tombée amoureuse de l’illustration avec le diabolique enchanteur Rothbart. Ce type a toujours été mon personnage de ballet préféré.

Ludmila Jirinkova owl

Hou hou, quand ça lui prend, l’enchanteur se transforme en grand-duc.

Je suis donc repartie avec mon livre, que j’ai beaucoup lu depuis mais que les illustrations.

Le texte me disait moyen. Il avait l’air oufa et multi-alambiqué. C’est souvent le cas avec cette histoire. Ça parle d’un cygne-princesse et d’une princesse-cygne, tout le monde les confond. Comme personne ne sait ce qui s’est vraiment passé, ça se termine à chaque fois n’importe comment.

ludmila jirincova

En plus il y a ce grand-duc. Mais zéro écureuil.

Sauf que l’autre jour, par inadvertance, j’ai lu le texte. Bigre de dondaine, mes poulets, ça m’a bien plu. Cette version est fort instructive.

Oyez, oyez. La reine dit à son fils de se choisir une princesse. Il dit que merci bien, il préfère chasser. Sa mère dit qu’elle organise un bal pour qu’il trouve chaussure à son pied. Il dit que d’accord, on va faire comme ça, mais là il part chasser avec ses potes. (N’oublions pas que nous avons affaire à un ado, son cerveau n’est donc pas complètement bien irrigué). La reine lève les yeux au ciel. Elle dit qu’il ferait mieux de ranger sa chambre. Alors il dit que crotte, si c’est comme ça, elle pourra la choisir elle-même (la princesse). Tope là ! dit la reine.

la reine et son fils

T’inquiète, je gère ! dit la reine.

J’ai trouvé ça très réaliste. On retrouve bien la matrice d’une conversation mère/ado, à condition de remplacer « choisir une princesse » par « t’acheter un nouveau pull », « chasser » par « manger un kebab » et « un bal » par « une virée shopping ».

J’ai ADORÉ le passage où le prince dit à sa mère :

Très bien, si tel est votre désir, je vous obéirai.

Même si c’était moins réaliste du coup.

En fait ce gourgandin enfume sa mère. On la voit se démener le soir du bal, elle lui présente primo une brune espagnole, deuxio une blonde italienne, troisiémo une certaine Ira von Beck. Mais il n’en fait qu’à sa tête et choisit n’importe qui.

lac des cygnes

Devinez quoi ? Il choisit un cygne. Un cygne !

Tout va très mal se passer, évidemment.

À la fin, c’est la pagaille et sa merveilleuse mère lui dit : je te l’avais bien dit !

Houlà, la pertinence de cette réplique m’a une fois de plus éblouie.

JE TE L'AVAIS BIEN DIT !!!!

JE TE L’AVAIS BIEN DIT !!!

Dommage que le Conseil Supérieur de la Famille (présidé par l’Auteur qui en est le membre unique depuis mon exclusion pour recrachage de lait intempestif un jour qu’il me faisait rire en grondant le chat) m’ait interdit de prononcer cette phrase, sous prétexte que j’ai utilisé tout le stock disponible avant que mes enfants perdent leurs dents de lait. Si je le dis encore, je serai transformée en statue de sel.

Je ne suis pas certaine que le Conseil soit capable d’un tel sortilège, toutefois prudence est mère de sûreté. (Ma mère me l’a bien dit.)

Je te l'avais biiiiieeeen diiit…

Je te l’avais biiiiieeeen diiit…

Du coup j’ai semé l’album dans les 12000 bd que mes ados ont entassées sur le sol de leur chambre pour se rapprocher du plafond.

S’il y a une panne d’Internet suffisamment longue, qu’une paralysie des doigts les empêche d’envoyer leurs 300 sms quotidiens, qu’un cambrioleur emporte la télé et que les Aliens débarquent, ils finiront peut-être par tomber dessus en creusant une tranchée entre les lits.

Et ils découvriront la phrase magique :

Très bien, si tel est votre désir, je vous obéirai, ma merveilleuse mère.

Ok, j’ai rajouté deux trois mots à la fin pour être sûre qu’ils comprennent.

Signé The Merveilleuse. (Aka : Je te l’avais bien dit, gros nigaud !)

Le Lac des Cygnes, conté par Kamil Bednar & illustré par Ludmila Jirincova, Gründ 1968. À chiner d’occasion près de la rue de l’Écureuil.

Ma mère me l'avait bien dit !

Ma mère me l’avait bien dit ! (D’ailleurs je retourne chez elle.)

Fabrique ton costume de Fantômette

2 juillet 2014 § 7 Commentaires

Je voulais vous parler du Lac des cygnes, mes saucisses, mais il m’est arrivé un truc incroyable.

Je me suis retrouvée assise à côté de Claire Lhermey. Ta-da !

Je faisais une signature et ça se bousculait pas au portillon, alors pour tuer le temps j’ai espionné la came de la concurrence. La fille à côté signait des bouquins au nom de Claire Lhermey. Claire Lhermey ?! Les yeux me sont sortis de l’orbite.

Comme elle faisait très très jeune, je me suis dit : ho là là calmos, ça ne peut quand même pas être the Claire Lhermey ?

Finalement j’ai pris mon courage à deux mains, je lui ai demandé si elle était bien the Claire Lhermey. Non mais dites donc figurez vous que c’était totalement elle.

valentine-charlie-brown

Le truc de ouf !

J’étais assise à côté de la fille qui a dessiné Fantômette et la maison hantée !

Mon Fantômette préféré au monde.

fantomette

Notez le titre super génial.

Celui dont j’ai tellement adorissolé les dessins que j’ai attrapé une fantômite aiguë et découpé la robe de soirée de ma mère pour me fabriquer une cape. Même que la mamma n’était pas contente. Elle a essayé de me faire un lavage de cerveau avec les Aventures d’Alice Roy afin de sauver le reste de sa garde-robe.

masque fantomette

Malheureusement, ma mère n’ayant pas de robe rouge, ma cape n’était pas conforme.

J’ai dit à Claire Lhermey que je n’étais guère satisfaite. Car après avoir illustré ce fantastique Fantômette, elle est passée à autre chose. Alors qu’on attendait la suite. (C’est Josette Stefani qui a continué mais bon.)

jeux_panoplie_v3

J’avais réquisitionné le ravissant pull jaune moutarde de mon frère.

J’ai dit à Claire Lhermey que du coup je suis restée scotchée sur son livre. Que du coup je l’ai relu 3000 fois. Que du coup j’ai fait des études d’Histoire des Arts. (Pour ceux qui ont des lacunes, c’est l’épisode où 3 toiles du célèbre Popovitch disparaissent du musée de l’Art du Futur à la barbe de tout Framboisy alors j’ai hésité avec un cursus de détective ou de cambrioleuse.)

Que du coup aujourd’hui j’écris des livres pour les enfants. Mais là, ok, c’est un peu aussi la faute à Georges Chaulet.

Tout ça alors que j’aurais pu devenir : the First Femme Président des États Unis d’Amérique.

Ou prix Nobel de physique.

Ou acrobate.

fantomette_mephisto

Ou dresseuse de chat.

J’espérais lui faire honte mais non. Elle a trouvé ça tout à fait marrant. C’est pas grave, Claire, je lui pardonne tout. Elle écrit et peint des livres ébouriffants.

Mais quand l’Auteur frimera parce qu’il a fait visiter le musée du Louvre à Michael Jackson, je lui tiendrai la dragée haute. Moi j’ai passé deux heures à papoter avec Claire Lhermey.

Maintenant il ne me reste plus qu’à rencontrer Popovitch !

Fantômette et la maison hantée, Georges Chaulet (texte) & Claire Lhermey (illus), la bibliothèque rose, à dénicher d’occase.

NB : et planquez vos robes de soirée, les mamans.

Lousse, Noche et Bum vs le Festival de l’Adolescence

28 juin 2014 § Poster un commentaire

Lousse couvDésolée mes dragées, je me suis un peu absentée. C’est parce que j’étais en plein Festival de l’Adolescence.

Hou, c’était trépidant. Je ne me suis pas ennuyée une seconde. Un vrai feu d’artifice. Pour tout vous dire, hier on a eu le bouquet final : battle d’eau de Javel ! Youhou soyons fous…

(Ok, c’était pendant une soirée à laquelle l’ado n°2 n’aurait PAS dû aller vu qu’il est privé de tout ces jours ci. Mais bon parfois on craque, on veut être sympa. Et leur éviter de s’évader par le balcon, surtout qu’ici ça fait haut).

Lousse 1

Avec Lousse, c’est battle de bonbecs et de fruits !

La battle de Javel avec aspersion intégrale est l’un des rares cas où la copine de l’ado n’hésite pas à appeler au secours les parents de l’ado. « Venez vite, il y a urgence : on a dû jeter tous ses vêtements et il peut quand même pas rentrer tout nu. »

Lousse 2

Noche c’est le roi de l’arc-en-ciel et il vise trop bien.

Heureusement ils sont nuls ces jeunes, ils visent très mal. Du coup on n’a pas été obligé d’échanger l’ado en magasin contre un autre moins récuré des muqueuses. Tant mieux. Vu qu’il n’est plus sous garanti, ça m’aurait coûté une fesse.

Pour remercier la copine de l’ado, j’ai promis de fournir le White Spirit et les allumettes pour la prochaine Fiestabomba.

Lousse 3

Lousse et ses copains se précipitent : eux aussi sont invités à la Fiestabomba.

Tout ça pour dire que : j’échange un lot de 2 ados contre une petite Lousse. Doudous escargot et éléphant bienvenus.

Je ne sais pas pourquoi, ce Festival de l’Adolescence à Javel-les-Bains m’a donné des envies de légèreté, de tendresse, de balançoires, de cornets de frites, d’amis imaginaires, de tour du monde pour rire et de pains au chocolat. Tout ce dont Alex Cousseau m’a soudain rendue nostalgique. L’enfance, quoi. Et si en prime je peux me balader dans l’univers de Candice Hayat (qui ne connaît pas le délavage à l’hypochlorite de sodium), je serai bien contente.

Bum et Noche s’endorment. Lousse entend son cœur et le leur. Leurs trois cœurs battent exactement en même temps. Tic-tac, flip-flap, bloup…

NB : Le lot d’ados sera fourni avec toute la panoplie (slims, caleçons apparents, chaussettes trouées, coups de fil du principal, compète de grasses-mat’, surboums et matchs de foot). En revanche, sans la notice explicative qui s’est égarée dans le bazar de leur chambre à coucher.

Trop cool, avec ce lot d'ados c'est tous les jours gag à gogo.

Trop cool, avec ce lot d’ados c’est tous les jours gag à gogo.

Lousse, Noche et Bum, Alex Cousteau (textes) & Candice Hayat (illus), Autrement Jeunesse, 2011

À partir de 3 ans.

Les-Tontons-flingueurs

Qauand ils connaîtront Lulu la Nantaise, ils feront moins les malins avec la Javel.

Pourquoi ma grand-mère tricote des histoires ?

25 juin 2014 § 2 Commentaires

grand mère couvMa grand-mère à moi tricotait des histoires et des écharpes. Ses écharpes étaient pleines de trous. Ses histoires aussi, surtout à la fin de sa vie. Mais quand on a une vie très longue, c’est un peu normal qu’une maille saute de temps en temps.

Qu’importe, elles étaient super ses histoires, surtout celle de l’escalade du Mont-Blanc en prévision de laquelle elle avait barboté le falzar de son frère… Mais je la raconterai une autre fois car la grand-mère de cet ouvrage n’est pas la mienne.

grand mère

Ma grand-mère avait le chic pour ébouriffer le vie. (© Aurélie Guillerey)

C’est celle de Georges-Emmanuel Clancier qui tricota chaque soir des fées, des sorcières, des ogres et des chevaliers dans l’imagination du futur écrivain, tout en recomptant les mailles de son tricot.

L’histoire qui les a unis ouvre ce délicieux recueil. Elle est si jolie qu’on se sent en la lisant pousser une écharpe autour du cœur : des amitiés pareilles, ça tient chaud, surtout quand elle unit grands-parents et petits-enfants..

grand mère 3

Mon cousin le caillou, ma sœur la libellule… (© Aurélie Guillerey)

Célia Gallice et Emmanuelle Leroyer ont eu une drôle d’idée : réunir des poèmes qui parlent de la famille. Papy, mamie, papa, maman, les enfants et leurs cousins, tout le monde est venu. De Tagore à Victor Hugo, Rimbaud et d’autres enchanteurs, elles tricotent leur recueil, une maille à l’endroit, une maille à l’envers, avec les pelotes du souvenir.

Fou rires, secrets, nostalgie, petits riens, goûters, nuits paisibles, la mort aussi…

Plus l’univers enchanté d’Aurélie Guillerey, qui prête son talent à cette tendre idée… Égale un merveilleux album à lire, relire et offrir à toute la famille.

grand mère 2

Incroyable ! Aurélie a copié le fauteuil de ma mémé. (© Aurélie Guillerey)

Une fois

le sommeil a surpris Grand-mère

avant qu’elle ne termine son récit

Nous avons attendu toute la nuit

que son sourire libère

le reste de l’histoire

Jean Elias

Pourquoi ma grand-mère tricote des histoires ?, une anthologie de poèmes choisis par Célia Gallice et Emmanuelle Leroyer, illustrations d’Aurélie Guillerey, Bayard jeunesse, 2012

Comme tous les poèmes, à n’importe quel âge.

21 éléphants sur le pont de brooklyn

20 juin 2014 § Poster un commentaire

21 éléphants couvL’anecdote est presque trop jolie pour être vraie et pourtant… An 1883, au terme d’une construction qui a duré quatorze ans et suscité l’admiration de tous, le pont de Brooklyn intimide.

Osera-t-on, osera-t-on pas l’emprunter ?

C’était une véritable œuvre d’art. Un exploit sans précédent. Mais devant un pont si haut, si long, si moderne, quelques personnes ne purent s’empêcher de poser l’inévitable question :

– Est-il vraiment solide ?

21 éléphants

Bou diou ! Tant de modernité m’ébouriffe le melon.

Pour prouver la robustesse de l’ouvrage, Phineas T. Barnum, l’homme du plus grand chapiteau du monde, a une idée de ouf : faire défiler ses 21 éléphants de Manhattan à Brooklyn… via le nouveau pont.

Quel malin, ce Barnum ! Si c’est pas de la pub, ça ?

Le battage médiatique qu’il organise autour de l’évènement accroît encore sa célébrité.

Pas grâce si ça s'écroule, les éléphants ça vole. Si, la preuve, Dumbo !

Pas grave si ça s’écroule, les éléphants ça vole. La preuve, Dumbo !

Pour préserver le suspens, je ne dirai rien de ce qu’il advint. Les éléphants parvinrent-ils au bout de leur traversée ? Le pont résista-t-il au choc de 21 fois cinq tonnes ?

21 éléphants 3

On me signale un éléphant ébouriffé en tête de peloton.

Vous le saurez, mes capucines, en lisant l’aventure telle que l’a retracée April Jones Prince. François Roca accompagne l’équipée, lui conférant une touche épique et le soupçon de mystère dont il a le secret. Et voilà comment nait une légende…

NB : On m’informe en régie qu’un tome 2 est en préparation. Il narre la formidable mobilisation de millions de touristes dévoués, qui ont accroché des tonnes de cadenas au pont des Arts pour que personne ne le vole !

Et maintenant, sans les oreilles !

Allez les gars, à mon signal on chope le pont des Arts et on se tire !

21 éléphants sur le pont de Brooklyn, April Jones Prince (texte & François Roca (ill), Albin Michel jeunesse, 2006

Dès 6 ans.

Les voyous qui souhaitent aider Dumbo à voler le pont des Arts peuvent signer ici !

Une vie de patachon

18 juin 2014 § Poster un commentaire

expressions françaisesElle vient d’où, cette expression, mes berlingots ?

A – Autrefois le patachon était un autre nom du troubadour, fou du roi qui amusait le public avec ses facéties. Mener une vie de patachon, c’était ne pas se prendre au sérieux, faire un peu n’importe quoi…

Et faire la navette ? Rester en carafe ? Prendre la mouche ? Tomber à pic ? Filer à l’anglaise ? Faire un tabac ? Avoir un nom à coucher dehors ? À la Saint-Glinglin ?

B – La patache était une carriole qui servait à effectuer de longs voyages. Le cocher menait la vie dure, mais joyeuse aussi. On lui reprochait de s’arrêter dans les tavernes pour boire un peu trop…

Dans ce petit ouvrage paru chez Oskar jeunesse, plusieurs propositions présentées sous forme de quizz expliquent chaque expression… Quelle est la bonne ? Au lecteur d’avoir du nez.

C – François de Patachon était un ministre de Louis XIII, bien connu pour sa vie libertine. Plus attiré par les femmes que par le travail, il multipliait les excentricités.

C’est drôle, farfelu, parfois tiré par les cheveux, mais en découvrant la solution j’en suis souvent restée comme deux ronds de flan.

SleepingBeautyMinstrel

Et ron et ron petit patachon

Expressions françaises, Pascale Perrier (texte) et Michel Boucher (ill), Oskar Jeunesse, 2010.

Dès 8 ans.

NB : La vie de patachon, pour de vrai, c’est celle qu’on menait à vingt ans et qui ressemblait un peu à celle des cochers de patache.

Comment je me suis mise au football avec Poka et Mine

15 juin 2014 § 2 Commentaires

Poka et Mine Football - couvC’est quand même étonnant : un de mes fils est Fou de foot. Ça lui est venu d’un coup, avec l’adolescence. Avant il courait partout en agitant un bout de bois pour nous jeter des sorts (Stupéfix !). Et pouf ! L’apprenti sorcier s’est transformé en fan du Manchester United.

On dira ce qu’on voudra, un sort a dû rebondir quelque part et lui retomber dessus (le sort destiné au chien, pour qu’il apprenne enfin à courir après sa balle). L’Auteur a trouvé ça très drôle.

Pour l’inauguration du Mondial, le Fou de foot était en mode bigorneau, scotché sur la télé.

Il a dit : « Ça fait 4 ans que j’attends ça ! »

Il a dit : « Certes les Bleus n’ont pas un gros vécu international mais on peut compter sur la science tactique de Didier Deschamps. »

Il a dit : « J’ai invité mes copains parce que leurs mères, le foot, ça les saoule. »

Et l’interphone a commencé à sonner.

soccer nation dog brasil

Bah ouah ! C’est le Mondial, m’dame.

J’étais donc en hyper ventilation quand je me suis rappelé ce livre de Kitty Crowther. J’avais chougné à l’époque parce que Kitty Crowther est l’un de mes auteurs préférés au monde et ses Poka & Mine ma série favoritissime (si, on dit comme ça). Il y avait eu Poka & Mine au musée, au cinéma, au fond du jardin avec l’araignée qui apprend à tricoter… Sans parler de la fois où Mine achète de nouvelles ailes !

kitty-crowther

Viens, on va jouer au foot.

Et paf, Poka et Mine 2010 c’était foot. Pourquoi, pourquoi, pourquoi, ronchonnai-je ?

On me signale en régie que 2010 était déjà une année Coupe du monde. (Décidément ça revient encore plus vite que les Présidentielles, mais c’est mieux que dans l’autre sens car les candidats sont plus gouleyants.)

Bend-it-like-Beckham 2

Bend it like Beckham, en 2002, une autre année Mondial !

Pour protester, je l’avais à peine lu. J’ignorais que je le gardais pour plus tard. Autrement dit maintenant.

Le bol !

Alors que le Brésil marquait le premier but du Mondial contre sa propre équipe et qu’un tas d’excités hurlaient dans le salon en s’étranglant avec leurs sushis brésiliens (oui ça existe, c’est vert et jaune – mais c’est juste maintenant il parait), Mine m’a prise par la main pour m’entrainer dans son monde enchanté.

Mine veut faire du foot ! «Mais c’est un sport de garçon !» lui dit Poka.
«Oui, et alors ?»

Avec Mine et Poka, même le football devient merveilleux. Kitty Crowther aborde en douce le sexisme ordinaire et la nouillitude des garçons quand les filles enfilent des chaussures à crampon. Elle évoque la solitude, l’effort, la persévérance, et finit en beauté sur une jolie victoire. C’est émouvant, c’est excellent. Ça m’a réconciliée avec le foot. J’ai compris que je devais m’y mettre aussi.

poka et Mine

Au début Mine passe en dernier pour les douches mais après ça s’arrange.

Du coup j’ai décidé de supporter les Bleus et j’ai illico adopté un bulldog français.

soccer nation dog france

Voici Didier. Comment ça le Mastiff brésilien n’en fera qu’une bouchée ?

L’Auteur a dit : « Merci Kitty ! » Et il a éteint la télé. Le Fou de foot et ses copains sont partis danser la samba chez une autre maman.

Bend It Like Beckham

Hey gal… Bend it like Mamma !

Poka & Mine : le football, Kitty Krowther, L’école des loisirs, 2010

À partir de 5 ans (et pour tous les hyperventilés du Mondial)

Et aussi :

Poka Mine ailesPoka et Mine réveilPoka Mine jardin

pêchePoka Mine cinémaPoka Mine musée

Le grand livre de la bagarre

12 juin 2014 § Poster un commentaire

grand livre de la bagarreJ’ai bien changé depuis, les saucisses, mais quand j’étais petite, j’aimais drôlement la bagarre.

C’était mon sport préféré.

Sauf que comme ma mère était le Chef des Activités, je faisais piano, danse et tennis aussi. Du coup il ne restait plus beaucoup de temps pour pratiquer la bagarre – en dehors des crêpages de chignons avant les galas de danse.

En plus, mon frère et moi on avait interdiction de se castagner. Si je lui collai un gnon et qu’il me tirait les couettes, le Chef des Activités surgissait de nulle part et nous renvoyait à nos gammes. Dommage, on était très doués.

Excellent motif de bagarre plébiscité par l'Ébouriffée : le Bic 4 couleurs.

Excellent motif de bagarre plébiscité par l’Ébouriffée : le Bic 4 couleurs.

Mes garçons ont hérité de ce talent. Je me suis recyclée dans l’arbitrage.

Du coup, c’est en spécialiste que je l’affirme : Davide Cali et Serge Bloch, ils s’y connaissent en bourre-pif.

Moi aussi tout le monde veut me piquer mon Bic 4 couleurs.

Moi aussi tout le monde veut me piquer mon Bic 4 couleurs.

Tellement bien qu’ils ont concocté Le grand livre de la bagarre, un gigantesque (vraiment très gigantesque) manuel destiné aux bagarreurs de tout poils qui va faire date.

Serge et Davide, on sent que leur mère ne les a pas inscrits aux Cours de l’Abeille (danse classique et solfège). Et ils ont eu du temps pour s’exercer.

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L’arbitre ébouriffé a souvent ramassé des touffes de cheveux dans la chambre de ses fils.

Leur précis de la castagne s’adresse à tous les enfants, filles et garçons. Certains apprécieront en amateurs, d’autres découvriront les us et coutumes, chacun conviendra que la bagarre c’est tout un art, dans lequel il est uniquement question de s’amuser ! Sinon, c’est pas du jeu.

Un Pablo est caché dans ce dessin. Oups, non, c'est une Colette.

Un Pablo est caché dans ce dessin. Oups, non, c’est une Colette.

J’en recommande aussi la lecture aux parents. Ce sera l’occasion de réviser leurs souvenirs, de laisser fleurir leur cœur d’arbitre… Et de porter un regard tout zen sur leurs petits choux collés pour cause de peignée pendant la récré.

C'était chouette, merci pour la baston, Serge et Davide !

C’était chouette, merci pour la baston, Serge et Davide !

Le grand livre de la bagarre, Davide Cali (texte) & Serge Bloch (ill), Sarbacane, 2013

À partir de… 5 ans ? (Avant pour les talents précoces)

J’aime mes cauchemars

7 juin 2014 § 3 Commentaires

j'aime mes cauchemars couvLes enfants sont dingues ou quoi ? Quand ils n’adoptent pas de bestiole, ils cultivent le cauchemar. Remarquez, pour eux c’est peinard. Côté animaux, c’est les parents qui se tapent tout le boulot. Et question cauchemar, qui se réveille la nuit pour réconforter poussin ? (Bon ok, chez nous c’était l’Auteur. Moi dès que je pose le citron sur l’oreiller, je deviens sourde comme un pot.)

L’héroïne de cet album fait des cauchemars. Pas que des histoires de monstres. Des rêves où elle se perd, se retrouve en petite culotte à la récré… Pour l’en débarrasser, sa maman prend les choses en main : avalanche de licornes en peluche, d’histoires rigolotes et autres contes de fées. Les nuits se teintent de rose bonbon, éclairées par une veilleuse.

Nan mais ça va pas la tête ? Sans cauchemars à dorloter, ça ne vaut plus le coup. L’espiègle demoiselle se rebelle.

On la comprend. Des cauchemars dessinés par Amélie Graux, je ne les lâcherais pour rien au monde.

cauchemar

Câliiiin !

J’ai envie d’en prendre soin, de les border le soir, de les couvrir d’une écharpe pour qu’ils ne prennent pas froid l »hiver.

Hé les parents, Séverine Vidal a tout pigé : les enfants sont comme nous, ils aiment avoir la frousse. Il est interdit d’interdire d’avoir peur ! Comment ils vont grandir sinon, nos petits poussins ?

j'aime mes cauchemars

Heu… Pour les cauchemars, c’est ici ?

J’aime mes cauchemars, Séverine Vidal (texte) & Amélie Graux (ill), Gallimard giboulées, 2014

Dès 3 ans.

nuit des morts vivants

Mouhahahahaaaaaa !

Le voleur de poule

4 juin 2014 § Poster un commentaire

Il ne manque pas d’air, le renard ! Voilati pas qu’il kidnappe la poule sous les yeux du coq et de ses copains, l’ours et le lapin.

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S’ensuit une aventure chevaleresque et sans paroles, avec folles poursuites à travers monts et forêts ou sur l’océan déchaîné, de jour comme de nuit…

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Quand les sauveteurs au grand cœur rattrapent enfin le bandit, paf, gros syndrome de Stockholm ! Dame poule se jette à leur pieds et intercède en faveur de son ravisseur : elle l’aime. Le coq est cocu, qui l’eut cru ? Béatrice Rodriguez a le sens des retournements de situation. Pour ma part j’en suis restée sans voix.

J’ai eu l’autre soir à Laval une conversation fort instructive sur les poules. La spécialiste à qui j’avais affaire a passé sous silence leur tempérament de feu. Dire qu’elle a failli me convaincre d’en adopter une pour réduire mes déchets ! J’imagine qu’elle aurait surtout réduit l’effectif de mes ados en s’enfuyant avec l’un d’eux. Finalement j’ai ramené un cochon. Houlà on a eu chaud.

poulette

Quand le coq n’est pas là, les poulettes dansent.

Le voleur de poule, Béatrice Rodriguez, Autrement jeunesse, 2005

À partir de 3 ans.

Au fait il parait que depuis le coq s’est vengé dans La vengeance du coq, même auteur, Autrement jeunesse, 2011.

Poule_au_pot

La vengeance du coq ?

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