La bizarre affaire de l’alarme incendie

6 mars 2015 § 10 Commentaires

L’autre nuit l’ado n°2 a perdu 12 ans. Incroyable, mes saucisses !

J’aurais pu me poser des questions, mais non. C’était trop agréable de le retrouver avec ses boucles blondes, ses grands yeux de biche et son cheveu sur la langue.

D’autant qu’il avait ses joues en pâte d’amande. Et que j’avais de nouveau le droit de les embrasser.

Pâte d'amande sans les joues.

Pour moi ce sera un menu dégustation.

De câlin en zoubi, j’étais en train de lui grignoter les fossettes quand le téléphone a sonné. Sans doute la pâtisserie, ai-je supposé, pour me prévenir que l’ado n°1 était prêt lui aussi. Mais ayant courageusement bondi du lit et décroché, l’Auteur m’informa qu’une voix électronique nous proposait un rendez vous avec un technicien spécialisé en alarmes incendie.

À cinq heures du matin ?

Bon sang, dans quel monde vit-on, je vous le demande !

bourre pif

Crac bourre-pif, vilaine !

Contrairement au malicieux rejeton de nuage 1962, ce coup de fil inopiné m’a tiré de mon rêve avant que j’aie le temps d’y glisser un marque page. Fossettes sauvées par le gong.

Au petit déjeuner j’avais cher le seum.

Puis je me suis rappelé que, de toute façon, j’ai toujours détesté la pâte d’amande.

pinch-cheeks

Encore heureux !

Mot de passe : coin coin

2 mars 2015 § 15 Commentaires

Bonjour les poussins ! Je ne sais pas ce que vous avez fait pour les vacances, nous on est allé dans le Gers cuisiner des canards et croyez moi c’est pas de la tarte.

Allez les gars, direction Sud-Ouest !

Allez les gars, direction Sud-Ouest !

Déjà le canard il faut l’attraper. Et pour l’attraper il faut se lever hyper tôt, aller au marché au gras, reconnaître à son accent le vendeur moustachu chez qui on a réservé la came, se rappeler le mot de passe – pousse ton canard et mouds le coincoin – et avoir assez de biscotos pour porter les bêtes jusqu’à la chambre des tortures. (Ou s’être muni d’ados, mais les ados lève-tôt ça court pas la campagne, moi j’en ai trouvé qu’un.)

Saturnin part à la chasse au canard.

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je partirai.

Après, la folie douce.

Vas-y que je jongle avec les plumes, les couteaux, les hachoirs, les croupions, les magrets, les manchons, les carcasses, les pouics et les couics, les tuyaux qu’il ne faut pas percer, les cous remplis de maïs, les gésiers plein de gravier (bien gratter), et vas-y que je fais fondre la graisse, cuis dans la graisse, touille la graisse, filtre la graisse, baigne dans la graisse, sniffe la graisse, et que je compte les bocaux, les bocaux, les bocaux, d’ailleurs je n’ai toujours pas pigé où on voit la contenance du bocal, ni pourquoi avec 4 canards on récupère 5 gésiers, soi-disant que j’en ai coupé un en deux, moi je dis que mon canard était comme Louis XIV : il est né avec plusieurs estomacs.

saturnin sait tout faire

Saturnin essaie de s’enfuir… Trop tard !

J’avais peur de devenir végétarienne, mais non.

Sauf que depuis je ne dors plus trop bien. Dès que je ferme les yeux, les fantômes des canards viennent me becqueter les pieds.

Celui avec deux estomac a prédit que je me réincarnerai en foie gras.

gore

L’Ébouriffée est un peu inquiète.

Merci bien.

Si c’est comme ça, l’an prochain j’irai en Bretagne faire sauter des crêpes.

Mot de passe bigouden.

Mot de passe bigouden.

NB : Les Aventures de Saturnin, série créée par Jean Tourane, diffusée entre 1965 et 1970 par l’ORTF, et adaptée en albums, en disques…

Le voyage de Pippo

23 janvier 2015 § 19 Commentaires

Pippo_couverturePauvre Pippo, il ne sait plus rêver.

Pour s’endormir il compte les moutons.

Dans le troupeau bien duveteux, surgit une brebis.

Elle l’invite à partir en voyage à travers les saisons au pays des songes.

 

Un troupeau de moutons doux comme les nuages.

Un troupeau de moutons doux comme les nuages.

À chaque mois son paysage, sa rencontre, son rêve aux désirs enfouis mais chuchotés…

Les coquelicots du mois de mai.

Les coquelicots du mois de mai.

Partir, s’envoler loin, ou grandir jusqu’au ciel, aller au bal, attendre quelqu’un, retrouver un ami.

Les méduses du mois d'août.

Les méduses du mois d’août.

Avec Pippo, on ouvre grand son imagination pour contempler la nature, entendre ses murmures, réapprendre à rêver. Un album tendre et poétique qu’on ne veut plus lâcher quand on l’a attrapé.

Une sieste à la fin de l'été…

Une sieste à la fin de l’été…

Hey Pippo, t’as de beaux yeux, tu sais.

Le voyage de Pippo, Tome Satoe, éditions Nobi Nobi!, 2014

À partir de 4 ans…

L’ombre de chacun

21 avril 2014 § 2 Commentaires

L'ombre de chacun-couvHa, l’univers de Mélanie Rutten… Ses dessins d’abord, mais pas seulement. Parce que oui, Mélanie fait partie de ces auteurs qui écrivent ET dessinent. Un peu vexant pour les autres, non ?

Ceci étant, je ne suis pas jalouse, Dame Nature m’a pourvue d’autres talents. Par exemple, je sais nouer les queues de cerise avec ma langue. Yes ! Pas sûr que Mélanie Rutten dispose de cette précieuse compétence. Et je peux cracher les noyaux super loin. À l’heure qu’il est, je suis probablement championne de crachat de noyau de cerise. La jeune génération me talonne mais j’ai un peu d’avance. Pour tout avouer, j’ai passé beaucoup de temps, pendant ma scolarité, à étudier perchée en haut d’un cerisier.

L'Ébouriffée a passé un bac option cerises, c'était très dur.

L’Ébouriffée a passé un bac option cerises, c’était très dur.

Pas de cerises dans L’ombre de chacun, mais des cerisiers, je suis sûre d’en avoir vus. Et un cerf qui ramasse des brindilles, un petit lapin qui veut apprendre à être seul, un chat rêveur, un soldat bagarreur, un livre bavard, des astres, une ombre évidemment…

L'OMBRE mélanie rutten1

Y’a plus de cerises, les gars… L’Ébouriffée a tout mangé !

Sans crainte d’ellipse, de courts chapitres construisent cette aventure initiatique, où le désir de grandir le dispute à la crainte, l’amitié à la colère, les histoires à la peur du noir.

L'OMBRE mélanie rutten2

Allons disputer à l’Ébouriffée son titre de championne de crachat de noyaux.

Généreux et intrépides, les héros ressemblent aux enfants qu’on a été, aux parents qu’on voudrait être, et à nos enfants, à leurs copains, à tous les enfants avides de parcourir le monde, de construire des cabanes et d’aimer.

L'OMBRE mélanie rutten4

Quand est-ce qu’on sait qu’on est grand ? demande le Lapin.

– Quand on sait faire et défaire les nœuds, dit le Soldat.

– Non, quand on est amoureux, répond le Chat.

Il y a dans ce livre assez d’énergie, de joie et de mélancolie pour nous accompagner longtemps. Assez de jour et de nuit, de mystère aussi. J’ai hâte de le relire cet été, couchée sous les étoiles. Ou perchée en haut d’un cerisier.

L’ombre de chacun, Mélanie Rutten, éditions MeMo, 2013

À partir de tout le temps.

Où suis-je ?

Entrées taguées rêve sur les carnets de l'ébouriffée.

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