Fanfare

8 août 2014 § Poster un commentaire

fanfare couvUn merveilleux album pour l’été, par des auteures ébouriffantes, et qui me rappelle la fête au village quand j’étais petite…

La fanfare débarque et bouscule les habitudes. Je n’en dirai pas plus : lisez !

Chez nous quand ils arrivaient, c’était l’évènement.

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Julia Wauters travaille au pochoir… Au pochoir, sapristi !

Ça ne durait pas longtemps, fallait pas les louper. Avec Marraine et ma grand-mère, on faisait des kilomètres à pied pour y aller, vu qu’on était dans un coin pire paumé que le village. Le soir, feu d’artifice. Si on avait réservé le taxi on rentrait avec. À moins que le postier (le gars le plus rougeaud ever) ne sorte son tacot pour nous raccompagner.

Le reste du temps il ne se passait rien. Les journées se ressemblaient, à ceci près que parfois il pleuvait. Ou qu’il faisait si chaud que le goudron fondait sur la route.

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Le texte d’Anne Cortey est délicat, poétique, intriguant.

OK il y avait aussi le jour maudit où ma grand-mère cuisinait de la langue de veau vinaigrette et où je ne mangeai PAS !

Quoi, qu'est-ce qu'elle a ma langue ?

Quoi, qu’est-ce qu’elle a ma langue ?     (© Vachonman)

Tout était petit et merveilleux… Noisettes, buissons couverts de mûres, congrès d’escargots, baignade dans la rivière, attaque de libellules, araignées, Malabars, retour des hirondelles. Chaque année pareil.

Merci Fanfare pour tous ces souvenirs.

Pétard, je la regrette cette langue de veau !

Fanfare, Anne Cortey (texte) & Julia Wauters (ill), Sarbacane, 2014.

Dès 5 ans et pour tout le monde.

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Diabolo menthe

21 juillet 2014 § 4 Commentaires

diabolo-menthe-12-1977-afficheIl y a ce film qui parle de l’adolescence.

Quand je l’ai vu, j’avais pile l’âge de son héroïne, Anne.

Je m’étais totalement identifiée à elle.

J’avais un frère aussi prévenant que sa sœur. Moi aussi j’étais la plus petite. Tout le monde le trouvait formidable. Il prétendait que je n’existait pas. Interdiction de rentrer dans sa chambre, d’emprunter ses disques, de toucher à sa guitare, de parler à ses copains…

diabolo-menthe- 2 sœurs

Évidemment je l’adorais. Carrément le syndrome de Stockholm.

J’étais en quatrième, je me sentais insouciante, désespérée, heureuse, malheureuse.

Et surtout complètement incomprise (par ma famille).

diablo_menthe-01

J’avais des pulls qui grattent.

J’allais dans une école de filles. On portait des blouses avec notre nom brodé dessus.

diabolo-menthe-1977-01-g

Sauf que nos blouses étaient bleues.

Les profs étaient tarées à part celle d’anglais.

The monster ! (La prof, pas bambi.)

The monster ! (La prof, pas Bambi.)

J’étais pas fan quand mes parents voulaient les rencontrer.

diabolo menthe le carnet

Heureusement la signature de ma mère était fastoche à imiter.

Je ressemblais à une sauterelle, zéro nichon à l’horizon.

diabolo menthe visite médicale

Allô? Ici la présidente du Club des planches à pain.

Mes copines étaient marrantes et rebelles. Heureusement qu’elles étaient là !

Coucou Viviane, tu te reconnais ?

Coucou Viviane, tu te rappelles ?

J’ai fait tapisserie à ma première boum. Mais ouf pas jusqu’au bout.

diabolo-menthe- la gare de saint cloud

Il était beau comme un astre avec ses mocassins à glands.

Je me suis acheté des clopes, je me suis disputée, réconciliée. Moi aussi j’ai piqué du parfum et je ne sais pas ce qui m’avait prise. J’ai joué dans une pièce de théâtre, fait des émaux, du skate, adopté un chien, détesté le latin, séché la gym, coupé les cheveux d’Anne-Laure P. qui voulait une frange et qui a eu un escalier, il s’est passé plein de trucs pendant toute l’année. Et en juillet je me suis retrouvée en vacances en famille.

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Toujours aussi incomprise.

À la fin du film, j’étais trop émue. J’ai demandé à mes ados si ça leur avait plu. Ils ont levé les yeux de leurs Ipod et ils ont dit : – Ouais cool.

Puis l’ado n° 2 a dit à son frère : – Tu sais que si tu mets un glaçon dans ton Coca et que tu aspires dessus avec une paille, ça fait un trou dans le glaçon ?

L’autre a dit : – Non ?!

Ils m’ont plantée à là pour tenter l’expérience. Je me suis retrouvée seule avec mon Diabolo Menthe.

Et j’ai compris que ça ne changerait jamais.

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Toujours aussi incomprise en famille.

Diabolo menthe, un film de Diane Kurys, 1977.

Où suis-je ?

Entrées taguées souvenirs sur les carnets de l'ébouriffée.

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