Un chien pour toujours

5 avril 2014 § Poster un commentaire

Eva Ibbotson - un chien pour toujoursJ’ai une bonne et une mauvaise nouvelle, les croquettes. Je commence par la bonne : j’ai lu le dernier livre d’Eva Ibbotson, il est super, il parle de chiens, d’enfants et d’amitié.

Plus que tout, Hal voudrait un chien… Mais sa mère trouve ça trop salissant. Pourtant, un matin son père l’emmène choisir un copain dans la boutique « Chien pour tous » et il rencontre l’ami de ses rêves, Flocon. Coup de foudre réciproque. Ni le garçon ni le petit chien ne réalisent qu’ils se font arnaquer : « Chien pour tous » est une agence de location. Après un week-end de rêve, il faut rendre Flocon. Trahi par ses parents, Hal décide de réagir.

Hal en avait assez de vivre dans un monde d’adultes. Il était temps de construire son propre monde où les choses étaient justes et telles qu’elles devaient être.

Par chance, la vie lui offre des alliés, humains et canins… Débute alors, de Londres jusqu’aux plages du Northumberland, l’incroyable équipée de cinq chiens et deux enfants, au cours de laquelle chacun de ces cœurs accidentés retrouvera sa dignité.

corgi

C’est parti mon kiki, direction Norhtumberland, on va pécho la dignité !

Comme toujours quand un chien pointe le bout de sa truffe, il est question de courage, de fidélité et de loyauté, qualités aussi largement distribuées parmi la gente canine que l’huile de palme dans le Nutella. Et meilleures pour la santé.

Résultat ? Après deux jours en compagnie d’Eva et de ses personnages, on regarde les clebs d’un autre œil. Même ceux qui rotent en vous regardant manger des tartines, même ceux qui volent les oignons dans le panier à légumes pour les dépiauter dans leur coin, même ceux qui vomissent sur vos pieds… (Arrête de flipper, Nuttah, tu es pardonnée.) Les enfants qui partagent le rêve d’Hal pourront avec profit offrir ce livre à leurs parents : il augmentera leurs chances de se voir exaucés. Merci qui ?

La mauvaise nouvelle maintenant : ce livre est paru peu après la mort d’Eva Ibbotson. Il restera donc son dernier livre pour toujours.

Chuis dégouté…

Là, chuis dégouté…

Un chien pour toujours, Eva Ibbotson, Gallimard jeunesse, 2011

Prescrit à partir de 10 ans. Voire plus tôt s’il s’agit de convaincre des parents réticents.

Sophie et la princesse des loups

11 mars 2014 § Poster un commentaire

Sophie et la princesse des loups

La salle à manger blanche était vide. Les reliefs du repas interrompu du général étaient toujours sur la table, la chaise de Sophie toujours renversée. Mais où étaient passées Delphine et Marianne ?

En lisant cette phrase, j’ai sursauté : mille pompons, il y a de la comtesse de Ségur dans ce roman ! Ce général, pour commencer, et le prénom de l’héroïne… D’autant qu’elle était Russe, notre comtesse. Or c’est en Russie que se déroule l’aventure, après un départ londonien très Petite princesse avec pensionnat et pauvre orpheline… Pourtant la Sophie de Cathryn Constable est une fille d’aujourd’hui. Et si le destin lui réserve quelques malheurs, elle connaitra un grand bonheur : celui découvrir son identité. Ça valait le coup, mes chers hérissons, car ce n’est pas n’importe qui, Sophie… bien qu’elle soit un brin rouillée de la comprenette, si vous voulez mon avis (moi j’avais tout compris au chapitre 14).

Je sais, le titre, la couverture… (Hé Gallimard ? Allô la Lune, ici la Terre !) Mais dès qu’on tourne les pages, on est pris. Le style est simple, vif, lumineux. Elles nous embarquent, ces filles qui n’ont pas froid aux yeux. Enlevées à Saint-Pétersbourg en plein voyage scolaire, abandonnées au cœur de la forêt glacée (et sans réseau), réfugiées dans un mystérieux palais d’hiver, entre les griffes d’une aventurière… Miam ! J’aime les contes de fée. C’en est un, cruel, mystérieux, hanté de princesses fantasques, d’ancêtres assassinés, de diamants disparus, souvenirs tragiques, ogre tyrannique, loups sauvages, faux alliés, vrais amis. On y avance à pas feutrés, emmitouflé dans un gros manteau, un châle fleuri et des bottes de feutre. Sous nos pieds, craquent le parquet d’une salle de bal abandonnée et, au dehors, la neige dangereuse.

Encore un récit où tourbillonnent les flocons… Je crois que la neige m’a beaucoup manqué cette année !

– La toska ? Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle.

– Il n’y a pas de traduction satisfaisante pour ce mot dans votre langue, mais c’est une sorte de tristesse, de mélancolie qui affecte l’âme des Russes. Notre remède, c’est de boire du thé…

Bonne idée. Je vous laisse : le samovar fume et j’ai un blini au caviar sur le feu.

Le flipbook.

Sophie et la princesse des loups, Cathryn Constable, Gallimard jeunesse, 2013

Dès 9 ans.

Kiki et Rosalie

9 mars 2014 § Poster un commentaire

Kiki et Rosalie couvAprès la mort de son mari, Rosalie s’ennuie devant la télé. Alors son fils lui achète Kiki, un chiot rigolo. Entre ces deux-là, coup de foudre. Rien d’étonnant, car Kiki, il est super : il rigole. Et Rosalie rigole aussi. Sauf que Kiki grandit beaucoup, il devient maladroit. Ça n’est pas grave jusqu’au jour où, après une gaffe plus grosse que lui, pétition des voisins. Coup de tonnerre et avis de tempête : Kiki se retrouve à la fourrière. Les deux amis sont séparés.

Là, préparez vos mouchoirs parce que Rosalie déménage aussi : son fils la met dans une maison de retraite. Revoilà l’ennui et la télévision. Et ça dure…

Les jours et les années passent. Temps variable, soleil, averses et gelées matinales.

Des années ?! Non mais Ronan, au secours… Pourquoi tu nous racontes des choses aussi tristes ? Parce que la vie est triste parfois, mes petits caniches. Et dans ces moments-là, autant rester fidèle à ceux qu’on aime. Qui sait si le vent qui joue avec cette feuille ne l’emportera pas à l’autre bout de la ville, chatouiller la truffe d’un vieil ami ? Rassurez-vous, Ronan Badel n’abandonne pas Kiki et Rosalie. Après la solitude et le chagrin, la joie revient. Un malicieux rebondissement réunit ce couple improbable et fantaisiste. À la fin, promis juré, c’est grand soleil et bonheur garanti ! D’ailleurs, maintenant qu’ils ont emménagé parmi mes livres favoris, Kiki et Rosalie sont à l’abri pour la vie.

Kiki et Rosalie

Kiki et Rosalie, Ronan Badel, Sarbacane, 2013

À partir de 5 ans mais en fait c’est bien tout le temps.

Où suis-je ?

Entrées taguées amitié sur les carnets de l'ébouriffée.

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