Dracula, le théâtre de papier d’Edward Gorey

18 août 2014 § 2 Commentaires

gorey-theatre boxAutre trésor perdu dans mes gratte-ciels littéraires, surgi du néant à l’occasion du rangement.

Prise d’une passion frénétique pour Edward Gorey, j’avais commandé ce petit théâtre sous prétexte de l’offrir à l’ado n°1.

L’ado n°1 n’est pas gothique. Mais il adore dessiner et bricoler des bidules avec des bouts de carton. Étant par ailleurs cinéphile, il connaît son Nosferatu sur le bout des canines.

Le lien avec cet OPNI me semblait donc justifié.

goreydracula_toytheater

Ceci est un OPNI, objet en papier non identifié.

En voiture Simone, Add to Shopping Card.

Quel bel OPNI !

Rhou le bel OPNI !

Quand le théâtre est arrivé, il était si beau et la chambre de l’ado n° si boumdelifique (et je pèse mon mot) que ça m’a retourné la rate comme un gant en peau de tajacu. Sous le choc j’ai changé d’avis.

En plus c'est Jean-Pierre Marielle qui joue Van Helsing !

En plus c’est Jean-Pierre Marielle qui joue Van Helsing !

J’ai gardé l’OPNI. Pour moi. Il est devenu l’indispensable élément de charpente d’un de mes plus beaux gratte-ciels en livres, comme qui dirait sa clé de voute (bicoz le style gothique, ha ha).

Renfield a l'air fiévreux. Il va pas tarder à ramper sur le tapis.

Ouille, Renfield a l’air fiévreux. Il va pas tarder à ramper sur le tapis.

Mouais. Je sais pas si chez vous c’est pareil, mais chez nous il y a de micro séismes dans les pièces à ado. Du coup tout se retrouve au sol.

Notez qu'ici tout est bien rangé.

Notez qu’ici c’est rangé, rien ne traîne.

Ou c’est leurs meubles qui sont malades et vomissent par terre.

Dans la chambre de Lucy, seulement un tapis par terre.

Dans la chambre de Lucy, seulement un tapis par terre.

Bizarre bizarre.

gorey-theatre 1

Regardez, tout est rangé. À part votre cercueil, cher comte, si je puis me permettre.

D’ailleurs l’ado n°1 fait ses devoirs en rampant entre sa tablette et son iPod, terrassé par l’épidémie. L’ado n°2 n’a encore rien apparemment, mais comme il ne fait jamais ses devoirs je ne suis pas totalement sûre. OK en ce moment c’est vacances. (Pas pour tout le monde.)

Range cette tablette, et regarde moi quand je te parle !

Range cette tablette et regarde moiii…

Où en étais-je ?

Tes paupières sont lourdes… lourdes… Et maintenant obéis moi…

Tes paupières sont lourdes… Tu es en mon pouvoir… Et maintenant tu m’obéis…

Ah oui ! Dans le théâtre d’Edward Gorey, il n’y a rien qui traîne part terre, à part un cercueil, c’est reposant. Un monde sans vomi de meubles. On ne s’en lasse pas.

Tout le monde m'obéit ! Tout le monde range sa chambre !

Tout le monde m’obéit ! Tout le monde range sa chambre !

Allez, retourne jouer dans ta crypte avec tes marionnettes en papier, l’Ébouriffée.

Liberté de ramper pour les ados !

Edward Gorey’s Dracula, A Toy Theatre, Pomegranate Communications, 2008. D’après les dessins originaux d’Edward Gorey.*

À partir de 5 ans, dès qu’ils ont vu Nosferatu. Ou lu Dracula !

*Edward Gorey a dessiné les décors et costumes du Dracula mis en scène à Broadway en 1977. La pièce connut un extraordinaire succès (990 représentations et des poussières). Le livre de Bram Stoker fut de nouveau publié à cette occasion, illustré par le Maestro.

Publicités

Le rapetissement de Treehorn

28 avril 2014 § Poster un commentaire

le rapetissement de Treehorn

Treehorn rétrécit, les mistons.

Et pas qu’un peu. Ses vêtements sont trop grands, il doit s’asseoir sur des coussins pour manger à table, il ne peut plus atteindre la boite aux lettres… C’est tout de même inquiétant. Quand on est un enfant, on est censé grandir.

Ses efforts pour alerter ses proches sur cet ennui de taille (ha ha) se heurtent à une incompréhension totale. Ses parents lui interdisent de rapetisser à table, le chauffeur de bus refuse de le reconnaître, la maîtresse le prie d’arrêter de se faire remarquer. Chaque adulte y va de ses recommandations aussi absurdes qu’inutiles, avant de se désintéresser du problème.

Bon, ça ira pour aujourd'hui, dit sa maîtresse. Mais arrange ça avant demain.

Bon, ça ira pour aujourd’hui, dit sa maîtresse. Mais arrange ça avant demain.

Quant à son copain Moshie, il trouve ça débile.

Il faut vraiment être débile pour en arriver là, dit Moshie. Tu fais toujours des trucs débiles, mais là c’est le truc le plus débile que j’ai jamais entendu.

Aucun doute, si Treehorn ne veut pas disparaître, il lui faut se débrouiller tout seul pour inverser le mouvement. Et ressortir son Grand Jeu Qui Fait Grandir Les Enfants (gagné grâce aux boîtes de céréales) pour finir la partie entamée quelques jours plus tôt.

Sous le lit traînait un jeu qu'il avait glissé là puis oublié.

Sous le lit traînait un jeu qu’il avait glissé là puis oublié.

Sa guérison aura des effets secondaires, mais Treehorn a acquis de l’expérience… Même si celle-ci semble un peu désabusée, elle est d’une infinie sagesse. Les grands sensibles comprendront.

treehorn 3

C’est une très bonne taille, et si j’étais toi, je ne me remettrais pas à rapetisser.

Dans cette première aventure, Treehorn convoque le souvenir d’une certaine Alice au pays des Merveilles. Son pays à lui cultive plutôt le conformisme, toutefois les règles absurdes qui le régissent provoquent les mêmes effets d’humour. Digne et désespéré, le héros se heurte à l’indifférence générale et cette totale absence de communication qui sont, en somme, les grandes expériences de l’enfance.

Florence Parry Heide, l’auteur de ce livre extraordinaire paru pour la première fois en 1971, a vu le jour en Pennsylvanie, dans la ville de Punxsutawney, célèbre pour sa marmotte. On imagine fort bien Treehorn rapetisser dans un bled où Bill Murray manqua rester prisonnier d’Un jour sans fin.

Concernant l’illustrateur, le génial Edward Gorey, je ne vous apprendrai sans doute pas que sa mère a chanté La Marseillaise dans Casablanca ni que Tim Burton adore son univers. Mais saviez vous qu’il était fan de Buffy contre les vampires ? Comme toute personne de goût finalement.

Le rapetissement de Treehorn, Florence Parry Heide & Edward Gorey, Éditions Attila, 2009.

Indispensable dès 7 ans.

Où suis-je ?

Entrées taguées edward gorey sur les carnets de l'ébouriffée.

%d blogueurs aiment cette page :