Paris au fil du temps
16 juillet 2015 § 11 Commentaires
L’autre jour, je rouspétais sur la fermeture de La Hune – l’Auteur dit que je suis de parti pris, parce qu’ils mettaient mes livres en vitrine, ok c’est un peu vrai mais pas que.
En plus l’Auteur m’avait entrainée à L’Écume des Pages dont le rayon jeunesse est la résidence secondaire de Petit Ours Brun. C’est donc avec entrain que j’ai fait ma ronde habituelle.
Or voilatipa que j’ai eu un coup de foudre !
Trop beau, l’album !
Bon, va falloir me croire sur parole, vu que mes photos qui semblaient nickel sur l’écran du téléphone sont toutes ratées en vrai.
Ce livre parle de Paris. Il est malin, passionnant et sublimement illustré. (Sans compter les surprises – dépliants, cachettes, roues qui tournent…)
Zou et hop, ce livre est à moi. (Oui je sais, j’ai dit en l’achetant que j’allais l’offrir à Paola, mais en fait non – excuse moi Paola, je te le prêterai.)
Allez, chuis bonne fille, je vous mets des photos un peu plus convaincantes.

Ici, photo prise (pas par moi) sans ablation préalable. (© Sandrine Damie)
Et je vous explique : ce bijou raconte Paris, en se penchant sur la vie urbaine à 7 époques différentes :
♦ Lutèce, la Gallo-Romaine
♦ Sombre Paris médiéval (nan mais vous y croyez qu’on picole alors l’eau de la Seine ?!)
♦ Paris classique
♦ Le ventre de Paris (avec une roue pour changer le commerce présent dans la boutique, so rigolo)
♦ Le Paris d’Haussmann (avec l’immeuble de Pot-Bouille et la maison Aristide Boucicaut)

L’Ébouriffée a décidé de vivre dans ce livre. (© Sandrine Damie)
♦ Paris occupé !
♦ Paris aujourd’hui…
Et pour finir, une chouli carte pour expliquer à un ado mou du genou que non, c’est pas la place de la Concorde, celle avec une grosse dame au milieu. Pour les plus jeunes, y’a rien à expliquer, ils savent. 😉
Paris au fil du temps, Jean-Michel Billioud (textes) et Simone Massoni (illus), Gallimard jeunesse 2015
à partir de 5 ans
Incroyable mais vrai
31 Mai 2015 § 17 Commentaires
Le grand frère que j’avais quand j’étais petite au lieu du singe dont je rêvais était à Paris ces jours-ci.
Ça devient rare vu qu’il vit en Californie. Et apparemment, les Californiens, ils ont quasi zéro vacances.
En échange ils sont toujours super bronzés, vu que là-bas il fait tout le temps soleil, même quand c’est la nuit à Paris.
C’est mon frère qui l’a dit.
Au passage, et bien que j’ai parlé de lui à l’imparfait, je précise que mon grand frère est encore mon frère. C’est juste qu’il est moins grand.
Maintenant il a 3 ans de plus que moi. Alors qu’avant il avait le double ou le tiers de mon âge, ce qui était quand même ÉNORME.
Bref, nos retrouvailles m’ont rappelé ce livre. Quand je l’avais découvert, j’avais tellement pensé à lui !
Éva Janikovszky (qui est un génie, d’ailleurs je suis pratiquement sûre qu’elle était une petite sœur autrefois pour être aussi géniale aujourd’hui) met en scène un grand frère expliquant à sa frangine comment ça marche, une famille. Forcément il lui révèle des trucs incroyables mais vrais. Que les adultes ont tous été enfants. Même oncle Ernest. Même la voisine. Que mamie est la maman de maman.
J’ai dit à Mimi : tu as vraiment de la chance d’avoir un frère aussi intelligent pour tout t’expliquer.
Quand j’étais petite, mon grand frère à moi me racontait tout le temps des bobards. Qu’on avait marché sur la lune. Que la nuit mamie mettait sa bouche à tremper dans un verre d’eau. Que si j’appuyais sur le bouton de la télé avec un doigt préalablement fourré dans mon nez elle allait exploser. Que si je faisais pipi dans la piscine municipale ça laisserait une trainée vert fluo dans l’eau.
Je le soupçonnais de faire un peu son intéressant. Mais allez démêler le vrai du faux.
Dans le doute, je n’ai jamais fait pipi dans une piscine municipale.
Que dans mon bain.
Incroyable mais vrai, Éva Janikovszky (texte) & Laszlo Réber (illus trop mortelles), La Joie de Lire, 2011
NB : comme d’habitude mes photos sont lamentables. Le livre est magnifique !
Le chant de la mer
20 avril 2015 § 15 Commentaires
Ah oui ! je fais un métier formidable.
Depuis la semaine dernière, je prépare l’écriture d’un nouveau projet en visionnant des films.
Parmi ceux-ci, une merveille : The song of the sea, de Tomm Moore, à qui nous devons déjà l’excitant Brendan et le secret de Kells.
Comment ai-je pu rater ce film à sa sortie ? Tout simplement en tombant dans une faille spatiotemporelle au cours d’une résidence d’écriture avec congrès de chouettes.
J’ai donc rattrapé mon retard, et suivi les aventures de Saoirse (Maïna dans la version française, on se demande bien pourquoi) et son frère Ben dans une Irlande enchantée.
Saoirse est une Selki qui s’ignore.
Quand son frère le découvre et réalise que, privée de sa pelure d’oignon, elle va dépérir entrainant avec elle la fin du petit peuple, il se lance dans une course contre la montre et affronte ses plus grandes peurs.
Pour les ignares (qui n’ont pas lu comme moi L’île de Nera d’Elizabeth George, hu hu) je précise que les Selki sont des créatures légendaires mi-femmes mi-phoques.
Vêtues de leur poilure blanche (ou noire, ça dépend des goûts), elles se métamorphosent au contact de l’eau.
Sur le très joli site du film, on découvre le tragique point de départ de l’histoire… (Mais que fait Brigitte Bardot ? Vous le saurez en accompagnant Ben !)
Pour vous faire envie, la bande annonce en anglais (bicoz la française est cucul) :
Sur ce, je vous laisse, je dois réviser Le monde de Nemo. L’Ado n°1 a sauté de joie en entendant ça. Crotte ! Il va encore squatter mon canapé en dévorant tout mon pop corn.
Le chant de la mer, de l’enthousiasmant Tomm Moore, 2014.
À partir de 6 ans, l’âge des manteaux de fourrure. (Je blague.)
Les carnets de Lieneke
30 mars 2015 § 11 Commentaires
Mes bouts de zan, quelle lecture vous proposer en avril sinon les carnets de Lieneke ?
L’un d’eux est précisément une lettre de Pâques.
Sans compter les dessins de poussins, lapins et autre gibier de chocolat…
Mais j’oubliais, vous ne savez pas qui est Lieneke.
Et vous vous demandez ce que sont ces carnets ? Examinons la quatrième de couverture :
S’ils sont liés à l’histoire de la Shoah, la réalité tragique qui préside à la rédaction de ces carnets n’y affleure qu’avec délicatesse et toujours de façon codée.
Abondamment illustrés, ils retracent des moments de vie quotidienne : arrivée du printemps, résultats scolaires, couleur d’un ruban, naissance de deux chevreaux, fraises sur le point de mûrir…
Ces carnets d’amour tracent en filigrane le portrait de leur auteur, un homme courageux, plein d’humour et de fantaisie, déterminé à maintenir les liens avec sa fillette et à faire vivre son espoir.
Cet échange de correspondance infiniment risqué transite alors par les réseaux de la Résistance. Selon une règle instaurée par leur auteur, ils sont destinés à être détruits sitôt lus, Lieneke ne profitant de chaque lettre qu’une journée.
À la fin de la guerre, quand son père vient la chercher, tous deux découvrent avec surprise que les carnets, « trop beaux pour être brûlés », ont été enterrés sous le pommier du jardin par le couple qui héberge la fillette.
Aujourd’hui conservés à Yad Layeled, le musée de la Shoah par et pour les enfants, ils ont été édités en fac-similé, réunis dans ce délicat coffret auquel je n’ai pu résister.
Les carnets de Lieneke, Jacob Van Der Hoeden, L’école des Loisirs 2007.
Dès 7 ans.
Un livret pédagogique passionnant pour aller plus loin ici.
Virginia le loup
9 mars 2015 § 10 Commentaires
Virginia sombre dans une humeur noire, noire, noire et poilue, avec de grandes dents.
Virginia va si mal qu’elle se transforme en loup.
Un loup avec un gros chagrin. Malheureux, râleur, tyrannique.
Sa sœur Vanessa voudrait tant l’aider.
Mais comment l’emmener au pays des fleurs aux fruits dont rêve Virginia, s’il n’existe pas ?
Armée d’amour et de sa boîte à bricolage, Vanessa fabrique cet endroit parfait où Virginia pourra faire entrer ses histoires…

« Je suis les saisons, je le crois parfois, janvier, mai, novembre ; la boue, la brume, l’aurore. » (Les vagues)
J’ai fait entrer l’extérieur à l’intérieur. J’ai peint des pétales flottants qui avaient des airs de confettis. Ma sœur s’est assise dans son lit et m’a aidée.

« Il y a des arbres que j’aime ; le cerisier avec ses boules transparentes de gomme sur l’écorce… » (Les vagues)
C’est ainsi qu’imaginant Bloomsberry le pays des fleurs aux fruits, Vanessa sauve sa petite sœur Virginia d’une crise de mélancolie sauvage et dévastatrice.
Une histoire poétique, douce et puissante de Kyo Maclear, portée par les extraordinaires dessins d’Isabelle Arsenault – que je vénère comme chacun sait.
Virginia Wolf, Kyo Maclear (texte) & Isabelle Arsenault, Éditions de la Pastèque 2012
Y’a pas d’âge (pour se consoler d’un gros chagrin) !
Et aussi : Les Vagues, Virginia Woolf, traduit par Michel CUSIN, Gallimard, collection Folio Classique, 2012
Délicieuse présentation de l’album, en anglais :
Un Goûter en forêt
23 février 2015 § 13 Commentaires
Février, pour peu qu’il neige, le mois idéal pour un goûter en forêt.
J’en vois qui doutent dans le fond ?
C’est qu’ils n’ont pas encore lu ce délicieux album d’Akiko Miyakoshi.
Quand Kikko se réveille ce matin-là, tout est blanc dehors. Son père se met en route pour déblayer la neige devant la maison de Grand-Mère.
Comme certain petit chaperon, Kikko s’engouffre dans les bois un gâteau à la main. Quelle est cette silhouette qu’elle suit, croyant voir son papa ? Pas celle du grand méchant loup, ouf, mais le suspens est intense.
Une forêt ensorcelée où flotte le souvenir de Blondine et Beau Minon, des dessins au fusain et aux crayons de couleur, et un goûter enchanté encore plus fantastique qu’un thé chez le Chapelier fou…
Tout finit par un joli secret.
À feuilleter ici…
Un goûter en forêt, Akiko Miyakoshi, Syros 2011.
Dès 4 ans.
Madeline, 75 ans et toujours l’appendicite
18 février 2015 § 12 Commentaires
Madeline est une petite fille qui vit en pension à Paris, avec onze autres fillettes, sous la houlette de miss Clavel.
In an old house in Paris that was covered with vinesLived twelve little girls in two straight lines.
Pour rigoler, elle oblige les élèves à se balader la nuit.
En vrai elle est gentite comme disait autrefois le futur ado n°2. Et quand Madeline se fait opérer, elle emmène ses copines lui rendre visite.
Depuis 75 ans, ce livre fait rêver les enfants qui, comme moi, n’ont jamais eu l’appendicite.
Je n’ai pas eu non plus d’appareil dentaire malgré mes réclamations, contrairement à ma copine Hélène Mandale. Ni de points de suture comme Catherine Plumeau. Ni de plâtre malgré les innombrables cascades réalisées dans la grande descente du collège avec le skate de Sandrine Lebel qui, elle, en a eu deux (de plâtre). Moi qui rêvais de me distinguer.
Ok depuis je me suis consolée avec l’ado n°2 qui a mis un point d’honneur à nous faire visiter les urgences sous des prétextes fantaisistes allant de l’ingestion de billes à l’enfoncement crânien, en passant par l’écrabouillage de doigt, le pétage de nez, la fracture de tibia en biseau, l’élagage lingual, la dispersion dentale et 47 centimètres de raccommodages divers et variés.
Madeline, battue à plate couture.
Madeline, Ludwig Bemelmans, Penguin Young Readers Group 2014.
Dès les premiers rafistolages, vers 3 ans. In english. (Une édition française chez lutin poche de l’École des loisirs)
L’édition anniversaire vient avec un pop up de Paris tout kinou où la tour Eiffel s’est installée près de Notre Dame. Excellente idée si on considère le temps que les touristes souhaitant visiter ces deux monuments vont gagner en transport.
Le voyage de Pippo
23 janvier 2015 § 19 Commentaires
Pauvre Pippo, il ne sait plus rêver.
Pour s’endormir il compte les moutons.
Dans le troupeau bien duveteux, surgit une brebis.
Elle l’invite à partir en voyage à travers les saisons au pays des songes.
À chaque mois son paysage, sa rencontre, son rêve aux désirs enfouis mais chuchotés…
Partir, s’envoler loin, ou grandir jusqu’au ciel, aller au bal, attendre quelqu’un, retrouver un ami.
Avec Pippo, on ouvre grand son imagination pour contempler la nature, entendre ses murmures, réapprendre à rêver. Un album tendre et poétique qu’on ne veut plus lâcher quand on l’a attrapé.
Hey Pippo, t’as de beaux yeux, tu sais.
Le voyage de Pippo, Tome Satoe, éditions Nobi Nobi!, 2014
À partir de 4 ans…
La clé d’or
20 janvier 2015 § 2 Commentaires
« Un hiver, alors que le pays entier était recouvert de neige, on envoya un pauvre garçon chercher du bois. Avant même d’en avoir ramassé et d’avoir chargé sa luge, il était déjà gelé comme une grive. Il se dit alors qu’avant de rentrer à la maison, il allait allumer un petit feu pour se réchauffer.
Il écarta la neige et, en tâtonnant par terre, il trouva une petite clef d’or. Une clef n’est jamais loin d’une serrure, se dit-il. Il commença à gratter de plus en plus profondément et, en effet, il découvrit une petite boîte en fer. Pourvu que la clef puisse l’ouvrir, pensa-t-il, elle contient certainement des objets de grande valeur. Il chercha le trou de la serrure mais ne le trouva pas ; il finit toutefois par le découvrir ; mais le trou était si petit que le garçon avait failli ne pas le voir. Il essaya la clef et, par bonheur, c’était la bonne.
Il la fit tourner une fois – et maintenant, nous devons attendre qu’il ouvre complètement et qu’il soulève le couvercle ; ce n’est qu’après que nous saurons quels trésors il a trouvés dans la boîte. »
Jacob et Wilhem Grimm

Andrea Dezsö in The Original Folk and Fairy Tales of the Brothers Grimm.
Contes pour les enfants et la maison, Jacob & Wilhem Grimm, José Corti Éditions, 2009
The Original Folk and Fairy Tales of the Brothers Grimm, Jacob & Wilhelm Grimm, Illustrated by Andrea Dezsö, Princeton University Press, 2015























































