Clotaire se déguise

13 mars 2014 § Poster un commentaire

Clotaire_couvDo you know Clotaire ? Comme le temps passe. Clotaire est né il y a cinq ans de l’imagination fertile d’une auteur jeunesse d’enfer, Janik Coat. Si vous ne le connaissez pas déjà, c’est mal. Heureusement, grâce à moi vous allez vous rattraper. Je vous en prie, c’est bien naturel.

Clotaire a tout pour plaire : il est très cultivé et il a un gros nez, comme Cyrano de Bergerac. Mais son truc, ce n’est pas la tirade des pifs, c’est le pied de zen à la mode travesti. Clotaire passe sa vie à se déguiser. Avec la malicieuse Janik Coat comme styliste personnelle (cette fille a un chic fou), Clotaire a la classe. Clotaire Barbapapa, Clotaire Marie-Antoinette, Clotaire Candy, Jimi Hendrix, Sherlock Holmes, Panthère Rose, Marylin, Laura Ingalls, Harry Potter, on finit toujours par rencontrer l’âme sœur. J’ai offert l’édition 2009 à des petits et des grands, tout le monde a adoré – ou alors les gens sont des menteurs. Bonne nouvelle, mes Babar en sucre, Clotaire revient et il est complètement mégalo.

Clotaire se prend pour Ariol (avec l’autorisation de ©Marc Boutavant et Emmanuel Guibert)…

clotaire ariol

Clotaire se prend pour Woody Allen ( (Je ne sais pas si le moment est bien choisi, mon cher Clotaire)…

clotaire_woody_allen

Clotaire a volé ma perruque :

clotaire_Lady_Chatterley

Clotaire se déguise, Janik Coat, édition revue et augmentée, Autrement, 2014

Avant de partir n’oubliez pas de participer au grand sondage pour the future anniversary edition 2039 rerevue et encoraugmentée :

(Les résultats seront transmis à la styliste personnelle de l’artiste. Nouvelle suggestion d’ores et déjà enregistrée : Clotaire Goldorak)

Pour se Clotairiser encore :

L’app Clotaire (les Japonais sont formidables).

Les parisiens, rendez-vous demain au Monte En l’Air !

flyer clotaire

Sophie et la princesse des loups

11 mars 2014 § Poster un commentaire

Sophie et la princesse des loups

La salle à manger blanche était vide. Les reliefs du repas interrompu du général étaient toujours sur la table, la chaise de Sophie toujours renversée. Mais où étaient passées Delphine et Marianne ?

En lisant cette phrase, j’ai sursauté : mille pompons, il y a de la comtesse de Ségur dans ce roman ! Ce général, pour commencer, et le prénom de l’héroïne… D’autant qu’elle était Russe, notre comtesse. Or c’est en Russie que se déroule l’aventure, après un départ londonien très Petite princesse avec pensionnat et pauvre orpheline… Pourtant la Sophie de Cathryn Constable est une fille d’aujourd’hui. Et si le destin lui réserve quelques malheurs, elle connaitra un grand bonheur : celui découvrir son identité. Ça valait le coup, mes chers hérissons, car ce n’est pas n’importe qui, Sophie… bien qu’elle soit un brin rouillée de la comprenette, si vous voulez mon avis (moi j’avais tout compris au chapitre 14).

Je sais, le titre, la couverture… (Hé Gallimard ? Allô la Lune, ici la Terre !) Mais dès qu’on tourne les pages, on est pris. Le style est simple, vif, lumineux. Elles nous embarquent, ces filles qui n’ont pas froid aux yeux. Enlevées à Saint-Pétersbourg en plein voyage scolaire, abandonnées au cœur de la forêt glacée (et sans réseau), réfugiées dans un mystérieux palais d’hiver, entre les griffes d’une aventurière… Miam ! J’aime les contes de fée. C’en est un, cruel, mystérieux, hanté de princesses fantasques, d’ancêtres assassinés, de diamants disparus, souvenirs tragiques, ogre tyrannique, loups sauvages, faux alliés, vrais amis. On y avance à pas feutrés, emmitouflé dans un gros manteau, un châle fleuri et des bottes de feutre. Sous nos pieds, craquent le parquet d’une salle de bal abandonnée et, au dehors, la neige dangereuse.

Encore un récit où tourbillonnent les flocons… Je crois que la neige m’a beaucoup manqué cette année !

– La toska ? Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle.

– Il n’y a pas de traduction satisfaisante pour ce mot dans votre langue, mais c’est une sorte de tristesse, de mélancolie qui affecte l’âme des Russes. Notre remède, c’est de boire du thé…

Bonne idée. Je vous laisse : le samovar fume et j’ai un blini au caviar sur le feu.

Le flipbook.

Sophie et la princesse des loups, Cathryn Constable, Gallimard jeunesse, 2013

Dès 9 ans.

Gustave Doré : l’imaginaire au pouvoir

9 mars 2014 § Poster un commentaire

le chat bottéGustave Doré était un prodige ! Enfant surdoué et turbulent, à quinze ans il devient caricaturiste et subvient à dix-sept aux besoins de sa famille – installée dans une maison parisienne tout droit sortie d’un conte de fée. Autodidacte, il dessine, grave, sculpte et peint. Il plonge en littérature, réinvente Rabelais, Dante, Cervantez, Shakespeare, Hugo…

Ses fables de La Fontaine, ses contes de Perrault m’ont entrainée dans les forêts et les châteaux de mon enfance. Son monde merveilleux m’a offert des rêves – des cauchemars aussi. Et vous, souvenez vous… Il vous a pourvus, mes petits chats, de vos plus belles bottes, a campé l’ogre le plus terrible, le loup le plus inquiétant. Dans ses bois, ses brouillards et ses villes, Tim Burton, Roman Polanski, Terry Gillian s’aventurent encore. Et bien d’autres ! Ainsi cet hippogriffe, le reconnaîtrez vous ? Indice : aux dernières nouvelles, il survolait Poudlard.

hippogriffe

Roland chevauchant l’hippogriffe, Orlando Furioso

L’exposition qui lui rend hommage au musée d’Orsay propose de petits inventaires filmés de ces illustres emprunteurs. Et à foison : peintures, gravures, sculptures, papier peint, carnets de dessins et même une lettre bilingue illustrée, découpée façon dentelle. Hip hip hip hourra pour le marquis de Carabas !

Gustave Doré : l’imaginaire au pouvoir, Musée d’Orsay, jusqu’au 11 mai – en bonus le clip de l’expo.

Pour se gustavedorer au sortir de l’exposition :

des-agrements d'un voyage d'agrementCes Des-agréments d’un voyage d’agrément, réédité d’après l’édition de 1851. Le jeune Gustave Doré y explore l’art naissant de la BD, à travers le prisme de la satire. Ou le périple ébouriffé d’un couple de passementiers retraités, César et Vespasie Plumet, anti-héros partis à l’assaut des Alpes suisses, assistés du chien Azor et munis de vingt ans d’économie.

Des-agréments d’un voyage d’agrément, Gustave Doré, Éditions 2024, 2013

Gustave dortEt aussi, et aussi cet album époustouflant tout en gravures d’Albert Lemant, sorti à l’occasion de l’exposition… Où un petit Gustave, qui a décidément du mal à se lever pour aller à l’école, nous entraîne dans ses truculentes aventures en compagnie de Gargantua, du baron de Münchhausen, de don Quichotte ou du Chat botté, et d’une poule vert Véronèse qui n’est pas là par hasard.

Gustave dort, Albert Lemant, Musée d’Orsay / L’atelier du poisson soluble, 2014

Kiki et Rosalie

9 mars 2014 § Poster un commentaire

Kiki et Rosalie couvAprès la mort de son mari, Rosalie s’ennuie devant la télé. Alors son fils lui achète Kiki, un chiot rigolo. Entre ces deux-là, coup de foudre. Rien d’étonnant, car Kiki, il est super : il rigole. Et Rosalie rigole aussi. Sauf que Kiki grandit beaucoup, il devient maladroit. Ça n’est pas grave jusqu’au jour où, après une gaffe plus grosse que lui, pétition des voisins. Coup de tonnerre et avis de tempête : Kiki se retrouve à la fourrière. Les deux amis sont séparés.

Là, préparez vos mouchoirs parce que Rosalie déménage aussi : son fils la met dans une maison de retraite. Revoilà l’ennui et la télévision. Et ça dure…

Les jours et les années passent. Temps variable, soleil, averses et gelées matinales.

Des années ?! Non mais Ronan, au secours… Pourquoi tu nous racontes des choses aussi tristes ? Parce que la vie est triste parfois, mes petits caniches. Et dans ces moments-là, autant rester fidèle à ceux qu’on aime. Qui sait si le vent qui joue avec cette feuille ne l’emportera pas à l’autre bout de la ville, chatouiller la truffe d’un vieil ami ? Rassurez-vous, Ronan Badel n’abandonne pas Kiki et Rosalie. Après la solitude et le chagrin, la joie revient. Un malicieux rebondissement réunit ce couple improbable et fantaisiste. À la fin, promis juré, c’est grand soleil et bonheur garanti ! D’ailleurs, maintenant qu’ils ont emménagé parmi mes livres favoris, Kiki et Rosalie sont à l’abri pour la vie.

Kiki et Rosalie

Kiki et Rosalie, Ronan Badel, Sarbacane, 2013

À partir de 5 ans mais en fait c’est bien tout le temps.

Nuit d’hiver

8 mars 2014 § Poster un commentaire

Nuit d'hiver - couvGrâce à Anne Cortey, je l’ai quand même eu mon hiver sous la neige ! D’ailleurs il est encore à portée de main, chers oiseaux migrateurs, empli de sensations, de givre et d’émotion. Surprise des flocons tourbillonnants, vent de Sibérie, malgré son écharpe on a le nez gelé. Dans la maison il fait bien chaud. Pourtant quand les chiens aboient, une fillette abandonne la douceur de son poêle et se faufile au dehors ses patins à la main. Elle va danser avec les minuscules, ils voltigent sur le lac.

S’enfoncer à ses côtés dans la forêt silencieuse, patiner sur la glace, affronter les chiens fous. Chut, plus un mot, afin de préserver la féérie… À vous de voir, à vous de lire. Anaïs Massini crée une nuit mystérieuse à souhait, blanche, noire, rose, où l’héroïne d’Anne Cortey, vêtue de rouge, s’engouffre avec intensité.

Bientôt le lac est là devant. Je ne résiste pas à casser le silence. Je chausse mes patins et m’élance. Là où c’est interdit. Là où tout est repos.

Nuit d'hiver 2

Nuit d’hiver, Anne Cortey (texte) et Anaïs Massini (ill), Autrement, 2012

Le chat du Yangtsé

7 mars 2014 § 1 commentaire

Chat du yangtsé couvUn soir d’orage, Victor et ses parents trouvent refuge Chez Tou Fou, un restaurant de Belleville. Tandis que les adultes explorent le menu, un chat roux entraine l’enfant en cuisine et fait de lui son marmiton. Tout en épluchant des nids d’hirondelles, Victor rencontre le propriétaire des lieux, Tou Fou, qui de ses souvenirs fit des poèmes et de ses poèmes des recettes de cuisine : Tigre amadoué par une broderie, Saut de Carpe suivi d’hilarité, Le Feu du Dragon obscurcit le ciel, sans oublier la célèbre Soupe douce aux oreilles de nuages

Qu’avons nous donc ici… Conte fantastique ? Livre d’Histoire ? Petit traité sur l’amitié, recueil de poésie ou livre de cuisine ? Eh bien, tout cela à la fois, chers rossignols, et comme par magie, un album encore supérieur à la somme de ses parties. Comment résister à ce voyage fantaisiste et infiniment tendre sur les rives du fleuve Bleu ? Claire de Gastold illustre avec délicatesse l’histoire nostalgique tissée par Catherine de la Clergerie, où se croisent biche et cerf-volant, un général et son armée, jours heureux et sombre exil… On la lira et relira, croyez m’en, sans en épuiser l’enchantement.

En passant la porte, Victor eut l’impression que le dragon vert qui gardait l’entrée lui tirait une langue rouge et fourchue. Il frissonna.

Chat du Yangtsé

Le chat du Yangtsé, Catherine de la Clergerie (texte) et Claire de Gastold (ill), Picquier Jeunesse, 2013

À partir de 5 ans.

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