L’affaire du magnifique canapé
15 juin 2015 § 17 Commentaires
J’ai dit adieu à mon canapé Christian Liaigre.
C’est dommage parce que vu le prix de ces trucs, je risque pas d’en avoir un autre de sitôt.
Mais reprenons l’histoire au début.
L’été dernier, l’Auteur et moi sortons d’un restau à deux heures du mat’ avec Coco. Et voilatipa qu’on tombe sur un canapé blanc magnifique abandonné sur le trottoir.
Pile devant le show room Christian Liaigre.
(Enfin c’est moi qui suis tombée dessus, vu qu’après 2 bouteilles de Côtes-du-Rhône, 50 mètres à pieds en chantant la Marseillaise suffisent à m’épuiser.)
Fidèle à elle même, Coco décrète qu’on PEUT PAS laisser là ce canapé.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, il y a dix ans Coco a adopté devant le 62 boulevard Sébastopol un lampadaire-guéridon en scoubidou tout juste évadé des années 50. Elle m’a forcé à le trainer de bar en bar toute la nuit et m’en veut encore de l’avoir perdu au détour d’une Margarita.
Comme je suis une super copine, j’annonce qu’on VA PAS laisser là ce canapé.
L’auteur signale qu’il a passé l’âge de ramasser des trucs dans la rue.
Et après 5 minutes il revient nous aider parce que Coco n’arrive à rien. Pourtant je l’encourage en sautant sur les accoudoirs.
Bref, le lendemain au réveil, on découvre ce magnifique canapé Christian Liaigre au milieu du salon. Ô joie ! J’ai passé un an à méditer sur ses coussins et à me la péter, comme quoi le truc de ouf archi dar : par ici les canapés genre de luxe font le trottoir !
Tout le monde était jaloux. Même moi j’étais jalouse quand le chat me piquait ma place. Ce qui arrivait tout le temps, l’Auteur lui ayant formellement interdit l’accès de ce magnifique canapé.
Hier je déhousse mon canapé Christian Liaigre pour nettoyer 10000 traces de pattes de chat. Et qu’est-ce que je découvre ?
L’arnaque !
L’auteur a dit : « Quand même, on a baissé d’un cran. »
(Quel snob.)

Magnifique canapé Hagalund !
Du coup j’en ai commandé un deuxième pour le chat.
NB : Coco, j’ai retrouvé ta lampe, elle va bien, elle vit en Normandie.
Chantefleurs rue de Verneuil
14 juin 2015 § 2 Commentaires
Ce matin en rentrant du marché, je passe rue de Verneuil, où nos garçons allaient à la maternelle.
Quelle chance ! Non seulement l’école était incroyable, avec son jardin intérieur, mais la maitresse de petite section était une femme géniale. Elle faisait de chaque jour une fête.
Elle est désormais à la retraite.
Son esprit s’attarde encore sur les lieux, à en croire la déco extérieure.
Mais peut-être les maîtres et les maitresses de petite section sont-ils toujours tous fantastiques !
Le narcisse et la jonquille, tiré de Chantefalbes et Chantefleurs, Robert Desnos (poèmes) & Laura Guéry et Julie Wendling (illus), Grund 2010
L’invasion de la punaise de lit
10 juin 2015 § 22 Commentaires
J’ai acheté une taie d’oreiller en soie sur Internet.
Quoi !?
Dormir sur de la soie, c’est bon pour les cheveux. Ils sont moins ébouriffés après. À ce qu’il parait.
J’ai pas pu vérifier parce que la taie est arrivée avec une invitée :
OK, si vous voulez savoir ce que j’ai vraiment vu quand j’ai déplié la taie :
Coup de bol, je suis championne en parano de la punaise de lit ! J’ai aussitôt identifié l’agresseur, et avec une sidérante présence d’esprit, je l’ai projeté par dessus le balcon. (Et la taie dans le congélo.)
Puis je suis retournée bosser en me félicitant. C’était pas passé loin.
Quand soudain j’ai pensé : et si elle était venue en couple et que l’autre m’avait échappé ?
Alors là, méga poussée d’adrénaline ! Empoignant mon gros flacon d’huile essentielle de lavande, j’ai tout démonté le lit pour l’asperger suivant le principe de l’eau bénite dans l’Exorciste.
Dans la foulée j’ai vidé les huiles de Tea Tree, de Citronnelle, de Géranium et de Verveine. Et comme j’étais lancée, j’ai sacrifié la bombe bio aux 41 huiles essentielles modèle familial achetée par l’Auteur pour pchiter les acariens.
Pendant ce temps les Ados demandaient l’asile politique à des potes. Soi disant qu’une folle pratiquait des rites satanistes dans la chambre de leurs parents – alors qu’en fait c’était moi. Pff !
Ma copine Axelle m’appelle sur ces entrefaites. Je lui raconte ma guerre mondiale contre l’épidémie de la punaise. Voilatipa qu’elle me conseille un produit foudroyant pas trop bio qui dégomme TOUT en 45 secondes. Waow. Je le veux !
Vu l’heure tardive, ça risquait d’être chaud. Mais entre l’adrénaline et les huiles essentielles, j’étais à fond. J’ai chopé l’Auteur qui arrivait en se demandant pourquoi ça sentait la lavande jusqu’au pont de l’Alma, et on a runné jusqu’au marchand de couleurs de la rue du Cherche-Midi.
On est arrivé pile comme ça fermait. Sauf que personne n’a pu m’arrêter. J’ai slalomé entre les vendeurs affolés, l’Auteur en a plaqué un devant le rayon des bougies, et j’ai chopé le saint Graal pile avant de me faire attraper. Du coup j’en ai pris deux. Purée, trop forte !
Sur le chemin du retour, on s’est arrêté pour boire un Pouilly-Fuissé en terrasse. Comme la serveuse était sympa, on en a pris plusieurs. On était tellement guilleret en arrivant à la maison, ça a pas fait un pli, on a balancé nos deux bombes nucléaires dans la chambre et on s’est barricadé derrière le canapé du salon.
Évidemment, il a fallu que l’Auteur entrouvre la porte de la chambre pour voir comment ça sentait (hé oh mon gars, quand je dis non, c’est non !). Et on a dû s’évacuer d’urgence sur le balcon.
Après les pompiers ont débarqué, leur compteur Geiger-Müller a explosé, ils nous ont embarqué aux urgences.
Je crois qu’on est venu à bout de la punaise de lit.
OK, la chambre est condamnée. Mais avec nos jolies combinaisons anti-radiation, on a accès au reste de l’appartement.
Incroyable mais vrai
31 Mai 2015 § 17 Commentaires
Le grand frère que j’avais quand j’étais petite au lieu du singe dont je rêvais était à Paris ces jours-ci.
Ça devient rare vu qu’il vit en Californie. Et apparemment, les Californiens, ils ont quasi zéro vacances.
En échange ils sont toujours super bronzés, vu que là-bas il fait tout le temps soleil, même quand c’est la nuit à Paris.
C’est mon frère qui l’a dit.
Au passage, et bien que j’ai parlé de lui à l’imparfait, je précise que mon grand frère est encore mon frère. C’est juste qu’il est moins grand.
Maintenant il a 3 ans de plus que moi. Alors qu’avant il avait le double ou le tiers de mon âge, ce qui était quand même ÉNORME.
Bref, nos retrouvailles m’ont rappelé ce livre. Quand je l’avais découvert, j’avais tellement pensé à lui !
Éva Janikovszky (qui est un génie, d’ailleurs je suis pratiquement sûre qu’elle était une petite sœur autrefois pour être aussi géniale aujourd’hui) met en scène un grand frère expliquant à sa frangine comment ça marche, une famille. Forcément il lui révèle des trucs incroyables mais vrais. Que les adultes ont tous été enfants. Même oncle Ernest. Même la voisine. Que mamie est la maman de maman.
J’ai dit à Mimi : tu as vraiment de la chance d’avoir un frère aussi intelligent pour tout t’expliquer.
Quand j’étais petite, mon grand frère à moi me racontait tout le temps des bobards. Qu’on avait marché sur la lune. Que la nuit mamie mettait sa bouche à tremper dans un verre d’eau. Que si j’appuyais sur le bouton de la télé avec un doigt préalablement fourré dans mon nez elle allait exploser. Que si je faisais pipi dans la piscine municipale ça laisserait une trainée vert fluo dans l’eau.
Je le soupçonnais de faire un peu son intéressant. Mais allez démêler le vrai du faux.
Dans le doute, je n’ai jamais fait pipi dans une piscine municipale.
Que dans mon bain.
Incroyable mais vrai, Éva Janikovszky (texte) & Laszlo Réber (illus trop mortelles), La Joie de Lire, 2011
NB : comme d’habitude mes photos sont lamentables. Le livre est magnifique !
Vivement le 31 mai
13 Mai 2015 § 12 Commentaires
Je sais pas vous, les roudoudous, mais depuis mon adolescence j’avais un avis très arrêté sur la fête des mères. Ringarde, sexiste, bourge, pétiniste… Jusqu’à ce que je devienne à mon tour maman.
Depuis, cette fête me semble tout à fait charmante. Au moindre oubli de la part des kids, je riposte sans pitié.
Et pour choyer ma maman, j’explore le coffre aux trésors aka Etsy comme chacun sait.
Cette année j’hésite encore :
Un chapeau so chou ?
Un petit col tout mimi ?
La pochette livre qui ne coûte pas un rein :
Ou le sac pamplemousse des jours acidulés ?

Y glisser Un demi pamplemousse, d’Alice Munro…
Le tee-shirt qui rappelle les bonnes choses de la vie…
Le détail pour ne pas oublier qu’elle est une fonceuse ?
La tasse de thé ultime :
Et ce joli masque pour bien dormir…
Je crois que, comme à moi, tout pourrait lui plaire – au fond on se ressemble un peu, aha. Sauf le chapeau. Parce que malgré tout, on n’a pas le même sens du chou.
Ouf !
Allez, je suis bonne fille, je lui en ai trouvé un autre :
J’ai trouvé le chagrin
3 Mai 2015 § 1 commentaire
Une femme attend un homme, un homme qu’elle appelle monsieur Bonnard, qu’elle aime et qui doit la peindre.
Cet homme ne vient pas, elle se déshabille.
Elle l’attend. Encore. Et encore…
Elle dit :
Monsieur Bonnard, on est en droit de se demander ce que vous branlez !
Elle prend un bain… Elle prend la pose.
Qu’est-ce qu’elle est belle ! Émouvante aussi, toute seule à attendre.
Il n’y a pas que les modèles qui attendent. Quelle femme n’a jamais connu ça ?
Joann Sfar, je lui en veux un peu quand même parce qu’à cause de lui, l’Ado n°1 croit que dessinateur de génie, c’est un métier. Et voilà que le musée d’Orsay lui propose de passer deux mois avec les œuvres de l’exposition Bonnard. Résultat, une expo à lui aussi – déjà finie, désolée mes cuicui – et cet album étonnant.
Sfar, il ne peut pas s’empêcher de raconter une histoire, l’histoire d’une femme qui attend un homme qui ne viendra pas.
C’est poignant, l’espièglerie, la gravité du modèle.
Il m’est arrivé ça. Je voulais jouer, rire, mettre des couleurs qui disent comme la peinture est du côté de la vie. (…) À force de me crever les yeux à regarder mon modèle, j’ai trouvé le chagrin.
Je l’appelle monsieur Bonnard, Joann Sfar, Éditions Hazan, 2015.
NB : le titre de ce billet est tiré du texte de Joann Sfar publié dans le catalogue de l’expo du musée d’Orsay. Il y narre sa relation au peintre et l’aventure de cette immersion dans son univers. Eh oui, en plus, Sfar il écrit bien.
Bonnard, Guy Cogeval et Isabelle Cahn, Musée d’Orsay & Hazan, 2015.
Et toujours : Pierre Bonnard, peindre l’Arcadie, au musée d’Orsay à Paris, jusqu’au 19 juillet 2015.
Le chant de la mer
20 avril 2015 § 15 Commentaires
Ah oui ! je fais un métier formidable.
Depuis la semaine dernière, je prépare l’écriture d’un nouveau projet en visionnant des films.
Parmi ceux-ci, une merveille : The song of the sea, de Tomm Moore, à qui nous devons déjà l’excitant Brendan et le secret de Kells.
Comment ai-je pu rater ce film à sa sortie ? Tout simplement en tombant dans une faille spatiotemporelle au cours d’une résidence d’écriture avec congrès de chouettes.
J’ai donc rattrapé mon retard, et suivi les aventures de Saoirse (Maïna dans la version française, on se demande bien pourquoi) et son frère Ben dans une Irlande enchantée.
Saoirse est une Selki qui s’ignore.
Quand son frère le découvre et réalise que, privée de sa pelure d’oignon, elle va dépérir entrainant avec elle la fin du petit peuple, il se lance dans une course contre la montre et affronte ses plus grandes peurs.
Pour les ignares (qui n’ont pas lu comme moi L’île de Nera d’Elizabeth George, hu hu) je précise que les Selki sont des créatures légendaires mi-femmes mi-phoques.
Vêtues de leur poilure blanche (ou noire, ça dépend des goûts), elles se métamorphosent au contact de l’eau.
Sur le très joli site du film, on découvre le tragique point de départ de l’histoire… (Mais que fait Brigitte Bardot ? Vous le saurez en accompagnant Ben !)
Pour vous faire envie, la bande annonce en anglais (bicoz la française est cucul) :
Sur ce, je vous laisse, je dois réviser Le monde de Nemo. L’Ado n°1 a sauté de joie en entendant ça. Crotte ! Il va encore squatter mon canapé en dévorant tout mon pop corn.
Le chant de la mer, de l’enthousiasmant Tomm Moore, 2014.
À partir de 6 ans, l’âge des manteaux de fourrure. (Je blague.)
Pourquoi un enfant de 5 ans n’aurait pas pu faire cela
14 avril 2015 § 9 Commentaires
L’art moderne est-il un jeu d’enfant, mes crevettes ? Eh bien non. Et il est grand temps de l’expliquer aux irréductibles malins encore capable de déclarer au détour d’une toile/sculpture/installation/etc qu’un enfant en aurait fait autant.
Susie Hodge prend le taureau par les cornes.
À travers 100 œuvres d’art moderne dont le point commun est d’avoir heurté critiques et public par leur apparent manque de sophistication artistique, elle nous introduit dans les subtilités de la création.
Écho d’évènements sociaux ou politiques, investigation émotionnelle, exploration des limites de l’art, chacune est étudiée, replacée dans son contexte historique et artistique.
Notre guide décrit l’approche de l’artiste, fournit anecdotes et informations, propose des exemples d’œuvres similaires. Et met les points sur les i en exposant pourquoi un enfant de 5 ans n’aurait pas pu faire cela.
Allez je vous taquine, je sais que vous savez.
Mais croyez moi, ce petit manuel peut se révéler fort utile quand votre ado accepte enfin de vous suivre à Beaubourg. Et vous demande de TOUT lui raconter.
Grâce à Suzie, vous avez le swag.
Comment ça, c’est de la triche ?
Pourquoi un enfant de 5 ans n’aurait pas pu faire cela, Susie Hodge, Marabout 2013








































































