Bonne nuit mon chéri
14 janvier 2015 § 8 Commentaires
Longtemps j’ai cherché le remède à mes insomnies.
Je l’ai trouvé en lisant cet album désopilant : il suffit de s’installer à côté d’un ours.
C’est tout bête.
Mais je n’y aurais pas pensé.
Et ça tombe bien, vu que j’ai un ours sous la main. Suivez mon regard.
Non, je ne fais pas allusion à la pilosité de l’Auteur, petits coquins, plutôt à son tempérament.
Vous allez me dire : oui mais quid du pourquoi du comment de l’ours à l’insomnie ? Bonne question.
Eh bien, mes petits cœurs au beurre, harceler son ours préféré constitue une alternative fort récréative à l’insomnie. Je n’en dirai pas plus, histoire de ne pas vous gâcher cette lecture.
Je me suis donc inspirée de Duck pour programmer des activités à partager avec mon ours dès la prochaine insomnie : rangement d’albums photos ; confection de pâte à tartiner aux noisettes bio ; partie de Cluedo ; course de relais avec traversée éclair des Tuileries ; danse des sept voiles devant la statue de Balzac ; baignade au clair de lune dans la fontaine Stravinsky.
Comme pour sa part, l’Auteur s’endort dès qu’il pose le citron sur l’oreiller, et d’ordinaire assez tôt, ça va lui changer la vie.
Bonne nuit mon chéri !
Goodnight already! Jory Jones (texte) & Benji Davies (illustrations), Harper Collins Children’s Books, 2015.
À partir de 4 ans, en anglais.
Bonjour chez vous
3 janvier 2015 § 12 Commentaires
Un jour on finit par rentrer à Paris, mes lapins germanopratins.
Et là, catastrophe, on voudrait être ailleurs.
Trop de bruit, trop de gens, trop de boutiques, trop de restau, trop d’ados qui veulent un nouveau téléphone en plus d’être collés pour tout le mois de janvier, trop de métro, de bus, de vélos, de musées, de boul’Mich, de sandwich, de macarons, de bidules, de machins et de perlimpinpin.
Le mieux, pour se sentir de nouveau chez soi, c’est un album sautillant, rempli de bonjours, avec quelques mercis : Everybody Bonjours!
Merci par-ci, bonjour par-là… Ces petits mots, il n’y en a jamais trop.
Ça change la vie, on est poli.
On dit bonjour à tout bout de champ…
Ce qui donne l’air un peu neuneu, mais rend tout so plus chou !
Everybody Bonjours, Leslie Kimmelman (texte) & Sarah McMenemy (illustrations), Dragonfly Books, 2008
À partir de 3 ans, et en anglais s’il vous plaît.
La petite caravane
20 novembre 2014 § 3 Commentaires
J’ai débuté avec un vélo rouge un peu cabossé, hérité de mon frère – comme tous mes jouets d’ailleurs (à part le mini fer à repasser dont la mamma estima l’usage strictement féminin).
Au début ce vélo avait des petites roues. Après non. C’est là que j’ai commencé ma collection de croûtes de genoux.
(Au fait, qui me dira pourquoi on a arrêté le Mercurochrome ? Un bon coup de rouge, ça vous remettait en selle après trois tonneaux dans le gravier.)
Dix ans plus tard, mon frère conduisait une voiture, ma copine Anne sa mobylette. Et moi… un autre vélo (bleu).
Par dépit, j’ai flanqué le solex d’Hélène Mandauch direct dans le fossé 3 minutes après qu’elle me l’ait prêté. (Cascade dédiée à Rémy Julienne.)
Ma première (et unique) voiture a perdu 2 portières en 15 jours.
Ensuite j’ai enchaîné… Maxi gamelle rue des Carmes bicoze rétropédalage… Coups de foudre avec le sol pour cause de canasson zinzin… Dézingage d’épaule par trahison de rollers.
Et depuis un bout de temps, rien à signaler. Tout le monde soufflait. J’allais à pieds. C’était doux.
Sauf que la semaine dernière, j’ai lu La petite caravane. Tellement chou que j’ai aussitôt décidé de la rejoindre. J’ai donc acheté un poisson rouge. Et un scooter, pardi, pour l’emmener voir l’océan !
J’aime autant vous prévenir, Édouard, l’Auteur n’est pas très content.
La petite caravane, Édouard Manceau, Tourbillon 2014
Un merveilleux album sans parole, cartonné et fourmillant de détails. Dès 2 ans, en voiture Simone !
Ma vie heureuse
4 novembre 2014 § 2 Commentaires
Voici un délicieux roman – et qui tient les promesses de son titre appétissant !
Encore un livre suédois entre parenthèses. La littérature du pays de Fifi n’en finira donc jamais de m’émerveiller.
Je vous présente Dunne, naturellement douée pour le bonheur.
Il est tard, pourtant Dunne n’arrive pas à dormir. Certains comptent les moutons, mais pas elle. Dunne compte toutes les fois où elle a été heureuse.
Dunne n’arrive pas à dormir parce que demain c’est la rentrée…
Soudain elle a un peu peur.
Et si elle ne se faisait pas d’amis ?
Rassurez vous, Dunne trouve Ella Frida. Leur amitié double la mise question bonheur.
Rose Lagercrantz raconte à hauteur d’enfant cette belle rencontre…
Et les jours qui passent, remplis de jeux, de secrets, de fou-rires, de bagarres, d’animaux, de surprises.
Puis la séparation pour cause de déménagement – et l’inévitable chagrin.
Où est passé le bonheur ? Peut-être que Dunne va devoir le chercher un peu… Heureusement, elle est fortiche. Et trouve avec Ella Frida le moyen de poursuivre cette jolie amitié…
Les dessins d’Eva Eriksson accompagnent Dunne avec humour et tendresse.
Et quand on referme le roman, presque une année s’est écoulée. Dunne a grandi, elle a souffert. Mais reste toujours aussi douée pour le bonheur. Quel délice !
Ma vie heureuse, Rose Lagercrantz (texte) & Eva Eriksson (illus), Mouche de l’école des loisirs, 2013. À partir de 6 ans.
La suite de l’aventure, c’est Mon cœur ravi, paru cette année.
Le livre mystère super effrayant
28 octobre 2014 § 4 Commentaires
J’aime bien les livres que je ne sais pas lire.
La faute à l’ado n°1, qui pêchait autrefois n’importe quoi dans les rayons étrangers de la bibliothèque municipale et imaginait l’histoire d’après les dessins. Ensuite il a appris l’alphabet et est devenu plus sélectif. Puis il a carrément cessé de lire, mais passons.
De mon côté j’étendais mon rayon d’action aux librairies étrangères de Paris et de partout ailleurs. (Avis aux amis voyageurs !)
J’ai donc fini par croiser ce bouquin.
Sa couverture est fantastique ! Et quel titre génial : O duchu, który się bał. En revanche j’ignore ce que ça signifie. Cet album est un vrai mystère. Déjà il m’a fallu trois ans pour deviner dans quelle langue il était publié.
J’adore ses illustrations et, pour autant que j’ai pu me la raconter, son histoire aussi.
La nuit est tombée. Les chauves-souris s’éparpillent au clair de lune. Dans la vieille maison au cœur de la forêt, Kruszynka et sa maman vont se coucher.
Mais… Un fantôme boude sous le lit, il y a deux vampires dans le grenier, un squelette dans le placard et un monstre à la cave, sans oublier la souris.
(Mamma mia, une souris !)
Jetez un chat dans l’aventure, ça fera du pataquès…
Car tout le monde a peur de quelque chose, même les monstres pardi !
Délicieusement effrayant…
O duchu, który się bał, Sanna Töringe (texte) & Kristina Digman (illustrations), Zakamarki, 2010.
À partir de 5 ans pour les iconophones. Et aussi en suédois, même si en polonais, ça le fait.
Sam et Tom, l’incroyable aventure
17 octobre 2014 § 4 Commentaires
Sam et Tom creusent un trou, bien décider à mettre au jour une merveille. Ça donne cet album parfait, simple et cocasse, aux jolies péripéties et à la chute spectaculaire.
Ils tournent évidemment autour, se séparent, se retrouvent, finissent dans une impasse.
Heureusement qu’un spécialiste en terrassement les accompagne et qu’il a un peu plus de nez ! Pas les mêmes ambitions toutefois.
Le texte est économe, le suspens d’enfer, les dessins adorables – ah les couleurs délicates de Jon Klassen.
Les plus observateurs liront cette histoire surréelle jusqu’au trognon de pomme… Je n’en dis pas plus.
Quant à ce trésor, je n’ai pas eu besoin de creuser bien loin pour le dénicher… en VO chez Galignani.
Mais cette fois, j’ai vérifié avant de vous en parler. Et ils sont trop fort chez Milan (wha, ok je fayotte un peu), ils ont déjà traduit la pépite.
Un vrai mode d’emploi pour l’aventure !
Sam et Tom, l’incroyable aventure, Mac Barnett (texte) & Jon Klassen (illustrations), Milan, 2014
À partir de 4 ans.
Et en bonus, les deux auteurs creusent leur trou eux aussi :
La vie de Kuma Kuma
29 septembre 2014 § 4 Commentaires
Dans ma bibliothèque des jours chonchons, s’il n’y en avait qu’un ce serait lui.
Que dire de Kuma Kuma ?
Kuma Kuma vit sur la montagne, c’est l’ami de Kazue Takahashi. Et dans ce portrait qu’elle trace de lui, il semble aussi vaporeux qu’un nuage et doux comme un doudou.
Depuis la semaine dernière une chanson de Rezvani me trotte dans la tête :
Je rêve toujours d’me tirer, d’me barrer, d’me tailler, de foutre le camp…
Et ce matin en piochant au hasard des bouquins, j’extirpe Kuma Kuma de son p’tit coin perdu. Vous croyez aux signes, les choux-fleurs ?
Tiens, salut monsieur l’ourson ! On ne s’est pas croisé depuis un bout. Comment ça va chez vous ?
Toujours aussi bien apparemment.
Programme de la journée : dégustation de salade, un peu de ménage (au milieu de la pièce seulement), couper ses ongles et les observer, sieste, regarder les nuages, écouter la pluie, mettre la radio et danser…
Beaucoup d’humour, de la poésie.
Un brin de mélancolie ?
Pourtant je crois que Kuma Kuma est heureux avec sa vie de cocagne, là haut sur la montagne. Dans son p’tit coin perdu…
Pas vous ?
La vie de Kuma Kuma, Kazue Takahashi, Autrement jeunesse, 2005
Émile est invisible
11 septembre 2014 § 3 Commentaires
C’est décidé, Émile est invisible. C’est comme ça, et pas autrement. À midi, plus personne ne pourra le voir.
Cet Émile, c’est vraiment un chouchou. Il est complètement fou. Mais cette folie est mûrement réfléchie. Car s’il est invisible, c’est pour une bonne raison, une raison qui commence par un « e » et ressemble à des endives.
Comment ça je l’ai dit ?
Bon, ok, c’est bien ça : maman cuisine ce bidule dégouniak :
Bizarre comme le gratin d’endive ne devient ragoutant qu’à l’âge adulte.
Le truc, c’est que maman semble voir Émile quand même…
(Émile, c’est une maman qui te parle : au cas où tu ne le saurais pas, nous aussi on a des super pouvoirs, ha ha !)
La cervelle d’Émile turbine à fond. Cherchant ce qui l’a fait repérer, il tente par tous les moyens d’être mieux invisible. J’ai bien dit : tous les moyens.
Jusqu’au moment où sa Julie chérie lui fait une petite visite… Et là, holàlà, le bol d’être invisible !
Bidonnant ! Merci Vincent Cuvellier, merci Ronan Badel.
Émile est invisible, Vincent Cuvellier (texte) & Ronan Badel (illus), Gallimard jeunesse, 2012.
À partir de 4 ans.
Mein kleiner Wald, le Buch 100% Natur
28 août 2014 § Poster un commentaire
Sans blague quand j’ai découvert le Tiergarten à Berlin, j’ai flippé.
Les Allemands, ils sont foufous, ils ont carrément mis une forêt dans la ville.
Mon hôtel était tout près. Je me suis dit que si je me perdais là dedans (im Wald), fallait que je puisse me débrouiller.
J’ai acheté ce guide tout à fait adapté à mon cas : ça explique la vie en forêt, le vocabulaire est accessible et si on ne comprend pas bien, y’a des dessins.
En plus il est 100 % fabriqué avec du Recyclingpapier, c’est écrit dessus.
Après j’ai passé mon séjour à chercher le grosse Baüme et le kleine Baüme… (Fastoche, ils sont foufous ces Allemands, ils mettent des arbres partout, même sur les toits et même dans les musées !)
Les Beeren, j’en ai trouvé dans la confiture le jour du brunch, mais de justesse parce qu’une ligne de métro avait complètement disparu et on a du prendre un taxi pour récupérer notre table reserviert à 13h30, c’était chaud.
Les Kiefernzapfen, j’ai cru les avoir avec ces pins badigeonnés de peinture au Hamburger Bahnhoff (nein, keine restaurant de hamburger, das ist ein musée, les Allemands mettent aussi des musées partout). Mais l’artiste les avait épluchés avant de les poser là, kleine polissonne.
La Fledermaus rodait près du salon de piercing qui faisait sa happy hour la nuit où on cherchait le restaurant avec les gros hamburgers (ceux qu’on mange, nicht das Museum).
Je me suis bien amusée. Merci Katrin ! Mais hou là là, das war müde. À mon retour j’étais crevée. Gute Nacht !
Mein kleiner Wald, Katrin Wiehle, Beltz & Gelberg, 2013
Hé oui, ce livre génial a été traduit en français…
À partir de 3 ans
NB : À Berlin, Zuckerfee (La fée Dragée) pour un brunch avec des Beeren et Zza-Zza Burger pour le hamburger qui se mange.
Emile et les détectives
23 août 2014 § 2 Commentaires
L’aventure commence dans un train, un train à l’ancienne, avec des compartiments.
Et dedans des gens qui font bouger leurs orteils, ronchonnent, tricotent, mangent des sandwiches à la saucisse, racontent des bêtises puis se disputent.
Et ce petit garçon. Émile, qui prend le train tout seul.
Ce train va à Berlin. Il va sûrement s’y passer des choses étranges dès les premiers chapitres. Il faut dire que ce genre d’endroit est déjà en soi une bizarrerie.
Erich Kästner parle du train, évidemment, pas de Berlin. Mais le Berlin qui attend Émile est un peu fou (comme tous les endroits bourrés de grandes personnes). Et c’est le personnage central de l’histoire.
Émile est censé y retrouver sa grand-mère et sa délicieuse cousine Pony-Bibi. Hélas, victime d’un vol inique dans son wagon (un type en chapeau melon profite de sa sieste pour lui piquer son pognon), il prend en chasse son bandit.
Vl’a qu’il descend du train plus tôt que prévu.
Il se retrouve seul sans un pfennig dans cette ville qu’il ne connait pas. Impossible de faire appel à la police… La semaine précédente, il s’est illustré dans son bled en barbouillant de rouge le nez de la statue du Grand-Duc Charles – depuis cet exploit, il évite les forces de l’ordre de peur d’être jeté en prison.
(Ça me rappelle le jour où le futur ado n°1 a fait sonner l’alarme du cheval empaillé de Napoléon. Il s’est enfui au triple galop et caché derrière une cheminée. Il a fallu déployer un bataillon de chasseurs alpins pour le retrouver.)
Ouf, Émile est un enfant déterminé, énergique, débrouillard qui croise la route de gamins déterminés, énergiques et débrouillards.
Toute la bande entame avec lui une course poursuite à travers Berlin pour l’aider à confondre l’odieux escroc au chapeau melon.
Évidemment Pony-Bibi se joint aux garçons, avec sa gouaille et sa bicyclette chromé. Ce suspens est également une comédie irrésistible…
Erich Kästner a écrit ce livre en 1928. Je ne sais pas sûre que le Berlin d’aujourd’hui ressemble encore à celui des années 20. Quoi qu’il en soit j’y vais de ce pas et tout ce que j’emporte, c’est l’aventure d’Émile. Et ma détermination à y déguster son plat favori : macaronis au jambon avec du parmesan râpé.
Youpi ! lança Pony, partie en direction de sa chambre toujours à cheval sur sa chaise.
Émile et les détectives, Erich Kästner, livre de poche jeunesse, 2007
À partir de 8 ans.
NB : les photos sont extraites du film Emil und die Detektive de Gerghard Lamprecht (1931).



















































